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Crédit Photo: @Mooncatchereads

« Je voudrais que l’on dise ce que vivent les gens, que l’on raconte les quartiers, les immeubles, l’argent qui manque, l’absence de reconnaissance. Je voudrais oser les mots ghetto, stigmatisation, relégation. Je voudrais appeler à la clémence, au doute. Je voudrais que l’on se soucie des abandonnés. »

Voilà le pari risqué de Thierry Illouz dans son dernier ouvrage Même les monstres. Un par réussi.

Avec ses mots et ses idéaux, Thierry Illouz nous explique son enfance, ses souvenirs. Ces sont eux qui tissent le fil de l’histoire, présents, toujours, malgré les années passées. Ce sont eux qui permettent, peut-être, d’expliquer les choix de carrière de cet avocat hors-norme. Mais ces même souvenirs sont également un début de réponse à la fabrique de « monstres », la misère est-elle responsable de l’horreur humaine? Peut-être, en partie, certainement, nous dira l’auteur.

Ce texte, c’est comme un appel au monde, un appel à ouvrir les yeux, à se rendre compte. Présomption d’innocence, encore et toujours. Deux mots qui, pourtant, sont à la base du système judiciaire français. Thierry Illouz pose des mots sur un sujet sensible, pousse l’autre à ouvrir les yeux… Comprenez-les, nous crie-t-il.

Je vous ai entendu, Mr Illouz.

Ma note: 4,5/5

4e de couverture: Il est avocat pénaliste depuis trente ans. Enfant des cités, sa vocation est née de son histoire. Et parce que la misère côtoyée par le passé est celle qui fabrique les monstres défendus aujourd’hui, Thierry Illouz lance un appel. Pour qu’enfin on regarde l’autre, dans le box des accusés. Celui qui nous effraie, celui que l’on condamne. Et qu’il est urgent de comprendre.

Editions L’Iconoclaste, septembre 2018, 106 pages.

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