Journal d’une bipolaire, Émilie Guillon, Patrice Guillon & Sébastien Samson, La Boite à Bulles, octobre 2010, 112 pages.

La bipolarité est un trouble de l’humeur qui m’intrigue et m’intéresse énormément. Je suis donc toujours à l’affût de nouveautés littéraires traitant du sujet. Il y a quelques mois, j’ai remarqué cette BD chez mon libraire. Hop! Ni une, ni deux, je l’ai mise dans mon sac (après avoir payé, hein!) Comme vous l’avez peut-être noté, cette BD est sortie en 2010. 

Le sujet est bien amené et traité d’une façon intéressante: dès les premières pages, le lecteur, impuissant, assiste à la décompensation d’Emilie, tout juste rentrée d’un séjour au Canada. C’est la fin de l’adolescence, le début de l’âge adulte, l’époque où, dans la grande majorité des cas, les troubles psychiques apparaissent, fermant définitivement la porte à l’insouciance des jeunes années.

Journal d'une bipolaire

Crédit photo: @Mooncatchereads

Emilie ne comprend pas, on lui parle de dépression, et pourtant, elle alterne entre phases dépressives et phases maniaques. En pleine manie, elle dépense, sans compter. Enfin, elle compte, mais après, une fois la « crise » passée. En phase dépressive, elle se scarifie, se fait mal, comme pour donner une raison à cette douleur lancinante dans sa tête, dans son âme.

Journal d’une bipolaire, c’est aussi l’incompréhension des parents et de l’entourage, face à de telles maladies. Les invisibles et qui, pourtant, handicapent terriblement. La mère d’Emilie oscille entre angoisse et colère envers sa fille: comment comprendre ce que l’on ne peut pas voir, ce que l’on ne peut pas ressentir? Elle a le sentiment que sa fille se laisse aller, qu’elle refuse d’avancer, de prendre sa vie en main, de sauter dans la vie adulte.

Cette BD, je l’ai trouvée d’une justesse incroyable. Émilie explique sa condition, simplement, sans détour. La seule chose que je pourrais regretter, c’est le manque de couleurs: Journal d’une bipolaire est en noir et blanc. Si je pense comprendre l’idée derrière ce choix, certaines pages auraient mérité d’être colorées, afin de faire ressortir la dysthymie des personnes souffrant de cette maladie.

A lire pour: se plonger dans le quotidien d’une personne souffrant de bipolarité et mieux appréhender cette pathologie.

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