Les gratitudes, Delphine de Vigan. Éditions JC Lattès, 6 mars 2019, 192 pages

Quelle valeur accordez-vous à ce petit mot de cinq lettres: merci ?

J’ai lu ce roman d’une seule traite. Ouvert samedi matin, vers 9h30 et terminé à exactement 10h47. Deux interruptions de 3 minutes, le temps de me faire un café. Dès la première page – Que dis-je? Bien avant ! – dès l’incipit, j’ai été accrochée, embarquée. Presque contre ma volonté. Les mots de Delphine de Vigan m’ont touché en plein cœur. En plein dans mon cœur de soignante.

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Crédit photo: @Mooncatchereads

Ce roman, c’est un roman humain. Humain de bout en bout. Delphine de Vigan parle de sentiments, ceux qui arrivent sans crier gare, ceux que l’on ne peut expliquer. Un mélange de respect et d’amour. Quelque chose de profond. 

Et puis, un jour, tout ça disparaît. Pas tout, non. Évidement. Mais l’être tant aimé est parti, pour de bon. La personne que l’on a tant chérie ne se tiendra plus jamais là, devant nous. Fini. Clap de fin, tout le monde peut partir. Lui a-t-on simplement dit merci ?

Pas un merci de politesse, non. Mais un merci de gratitude. Celui que tu utilises parce qu’il n’existe pas de mot plus parlant que celui-ci, a cet instant précis. Que dire, mis à part merci? Parfois les mots manquent, tout simplement.

Marie et Jérôme, eux non plus, n’ont pas eu le temps de dire merci à Michka. Cette femme si attachante. Le lecteur assiste, impuissant, à sa descente aux enfers dans l’aphasie. Elle perd les mots. Les mots, si importants pour Michka alors, et qui, désormais, lui deviennent complètement étrangers. Incapable de les prononcer et pourtant, elle sait ce qu’elle veut dire, Michka. Foutue vieillesse! Foutue dégénérescence!

Porté par deux voix qui ressentent le besoin de crier leur gratitude envers celle qui leur aura permis de grandir, de prendre du recul, d’apprendre, de comprendre, de pleurer, et de rire aussi, Delphine de Vigan signe un roman absolument saisissant sur l’âme humaine et les émotions qui nous animent, si intimes soient-elles.

 

Un immense merci, empli d’une immense et sincère gratitude, Delphine de Vigan. « Merdi! »

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