L’empathie, Antoine Renand. Robert Laffont (collection La Bête Noire), 17 janvier 2019. 464 pages.

Ce polar, c’est une bombe atomique. C’est bien simple, ça va loin, très loin. Je l’ai terminé il y a maintenant deux semaines … et je crois que je suis toujours un peu sous le choc ! 

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Crédit photo: @Mooncatchereads

Avec ce premier thriller absolument brillant, Antoine Renand entre directement dans la cour des grands. (Selon mon humble avis, en tous cas, et je crois savoir qu’ils sont très éclectiques !)

Attention, âmes sensibles s’abstenir, vous pourrirez souffrir d’un syndrome de choc post-traumatique tellement Antoine Renand nous entraîne dans les profondeurs de l’âme humaine. Terminé il y a deux semaines, « l’empathie » me trotte toujours en tête ! Et pour cause… Antoine Renand va loin, très loin dans l’horreur. C’est bien simple: il ne laisse aucun personnage indemne. Passez votre chemin si vous recherchez des héros ordinaires et bien sous tous rapports.

Dès les premières pages, l’horreur est là, décrite avec minutie. Et c’est insoutenable parce que, justement, nous sommes plongés dans les pensées les plus intimes d’un tueur en série. D’une personne qui ne recule devant rien, absolument rien, pour arriver à ses fins. C’est flippant et pesant… mais, nom d’un chien, ça, c’est du thriller!

Et pourtant, par moment, on s’attache à ces personnages. Parce qu’Antoine Renand ne décrit pas que l’horreur et l’action; il décrit également, avec un immense talent, la psychologie de chacun des protagonistes. Alors oui, là encore, il va loin, très loin. Le bourreau devient la victime. Le sauveur devient le bourreau. La victime devient le sauveur.

Alors, forcément, avec mon immense empathie et ma propension à toujours essayer de comprendre les agissements de l’autre, comment aurais-je pu ne pas m’attacher, d’une certaine façon, à toutes ces âmes blessées, meurtries…

Il y a, dans ce premier roman, une horrible violence qui n’a d’égale que l’immense humanité qu’il en dégage.

Parce que, finalement, rien n’est jamais ni tout blanc, ni tout noir. Nous avons tous une propension à faire le mal, comme une à faire le bien. Pouvons-nous choisir de quel côté nous basculerons? Sommes-nous réellement maîtres de nos pulsions?

Tant de questions qui sont, à mon sens, soulevées, en filigrane, dans ce polar absolument saisissant.

 

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