Virginia, Emmanuelle Favier. Editions Albin Michel, 21 août 2019. 304 pages.

« À cette pensée – celle du receveur et de la paille -, Julia brusquement se lève et dit qu’elle va acheter les fleurs elle-même pour la réception de ce soir. » 

Mais pourquoi une telle citation pour vous présenter « Virginia », d’Emmanuelle Favier ? Alors, des idées ?

Parce qu’il se trouve que cette citation fait référence à l’incipit de Mrs Dalloway – roman phare de Virginia Woolf : « Mrs Dalloway dit qu’elle irait acheter les fleurs elle-même. » Et, si je me permets de faire référence à ce roman, c’est que, justement, tout le processus d’écriture de « Virginia », fait écho au processus utilisé par Woolf dans ce magnifique classique qu’est « Mrs Dalloway » : The stream of consciousness ou, en français (mais qu’est-ce que c’est moche !), le courant de la conscience. Pour faire court, c’est un processus d’écriture qui “imite” la façon de penser, d’articuler, de digresser, de notre cerveau. Le style choisi par Emmanuelle Favier est un hommage supplémentaire à l’immense artiste qu’était Virginia Woolf.

La plume d’Emmanuelle Favier est douce, sensible, presque feutrée. Elle s’immisce dans le quotidien de l’enfance et de l’adolescence de Virginia Woolf avec pudeur. C’est un hommage absolument vibrant à femme de lettres. Une biographie très romancée, mais splendide.

Au-delà de la vie de Virginia Woolf, c’est également toute l’époque victorienne que décrit Emmanuelle Favier, avec ses us et coutumes que Virginia rejettera de plus en plus en grandissant. Refusant le rôle que lui a attribué la société.

L’autrice nous décrit une jeune femme espiègle, pleine de vie et aux multiples talents, bien décidée à ne pas donner raison à tous les clichés féminins de l’époque. Nul doute que chaque lecteur trouvera une facette de Virginia à laquelle s’identifier.

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En bref : Un roman à lire pour sa poésie et la pudeur de sa plume. Un brillant hommage à l’icône littéraire qu’était Virginia Woolf.

Je remercie les Éditions Albin Michel pour cette lecture.

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