La chaleur, Victor Jestin. Éditions Flammarion, 28 août 2019, 144 pages.

 

« De l’autre côté c’était le même monde étranger. La chaleur montait, le soleil coulait dans les allées. Un fou faisait griller des saucisses comme si c’était déjà l’heure. De la musique sortait des haut-parleurs : « Top Summer Hits. » Vingt-cinq chansons. Dès le premier jour, je les avais repérées : vingt-cinq chansons qui tournaient en boucle, comme au supermarché. », P.27.

 

Dérangeant, perturbant, troublant … et pourtant si délicieux ! Ouvrir le primo roman de Victor Jestin, vingt-cinq ans, c’est plonger dans une atmosphère moite et pesante. C’est être prêt à ne pas se sentir tout à fait à l’aise pendant cent quarante-quatre pages.

Pour Léonard, dix-sept ans, la fin des vacances approchent. Demain, il va enfin quitter ce camping dans les Landes qu’il abhorre plus que tout. Il fait une chaleur à tomber, les corps suintent et luisent sous le soleil de plomb.

Le dernier soir, il reste immobile pendant qu’Oscar s’étrangle avec les cordes d’une balançoire. Encore sous le choc de l’horreur à laquelle il vient d’assister, paniqué à l’idée que l’on puisse le considérer coupable de la mort de cet adolescent, Léonard traîne le corps jusqu’à la plage et l’enterre. Le lendemain, alors qu’il est persuadé que son méfait sera découvert rapidement, il rencontre une fille, sa journée s’égrène, entre angoisse et attente et est rythmée par les vingt-cinq hits de l’été, ceux que l’on connaît par cœur, adolescent.

Au début du roman, Léonard m’a fait l’effet d’un adolescent perturbé, hermétique au monde qui l’entoure. Mais, finalement, il est tellement persuadé d’être à part, bizarre, qu’il devient l’allégorie de l’adolescence. Un âge où les passions se déchaînent, où l’on se sent incompris du monde entier.

La sensation de lire quelque chose de dérangeant ne m’a pas lâché au long de cette lecture. Cela tenait certainement, en partie, à l’atmosphère lourde et pesante qui se dégage de cette histoire : entre le mal-être permanent de Léonard et la chaleur ambiante, qui étouffe le lecteur, j’ai parfois eu l’impression qu’il se dégageait quelque chose de malsain, à la lecture de ce roman.

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Victor Jestin livre un premier roman sur les émois et l’ivresse de l’adolescence qui ne vous laissera pas indifférent. Le type de roman pour lequel, « ça passe, ou ça casse » et un auteur à suivre de près, c’est certain !

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