19 femmes, les syriennes racontent, Samar Yazbek. Éditions Stock, 11 septembre 2019, 300 pages.

 

« Nous ne demandions pas grand-chose, un peu de dignité, de liberté et de justice. En retour, nous avons été exterminés et notre ville a été détruite. »

 

Elles sont des milliers à partager le même quotidien, des milliers à essayer de survivre au milieu de la guerre et du chaos. Samar Yazbek s’est entretenue avec une cinquantaine d’entre elles. Une cinquantaine de femmes syriennes qui, par la force des choses, ont été contraintes de fuir leur pays. Pendant un temps, ou indéfiniment, peu importe, les raisons sont les mêmes : intimidations, menaces de mort, têtes mise à prix.

 

Elles sont probablement des milliers, Samar Yazbek en a rencontré une cinquantaine. De ces cinquante rencontres, l’autrice a décidé de n’en garder « que » dix-neuf. Elles s’appellent Sara, Mariam, Dima, Zayn, Douha, Souad, Leila, Amal, Amina, Rana, Lina, Mouna, Roula, Rim, Alia, Hazâmi, Zaina, Fatima et Fatem. Dix-neuf femmes pour nous montrer toute l’ignominie de la situation, l’étendue des dégâts, l’humiliation et le manque de dignité de façon quotidienne. Pour nous montrer la haine, le danger, la mort ou l’angoisse de pouvoir mourir d’une minute à l’autre. 

Samar Yazbek nous livre dix-neuf témoignages de femmes qui se sont levées et battues contre le régime de Bashar El-Assad, dans un premier temps, puis contre les hommes de Daesh. Dix-neuf femmes qui ont côtoyé la mort et la violence parce qu’elles ne rêvaient que d’une chose, d’un simple mot : liberté.

C’est poignant et affolant. C’est terrifiant. Terrifiant parce que ces récits sont comme les échos les uns des autres. Ces dix-neuf femmes ont toutes vécues la guerre d’un point de vue différent et pourtant, les constats sont les mêmes, partout. Ce sont dix-neuf voix de la résistance que Samar Yazbek libère avec cet ouvrage, dix-neuf voix qui racontent l’horreur. Mais dix-neuf voix qui sont encore pleine d’espoir pour leur pays, leur patrie.

Je ne souhaite pas rentrer dans des considérations politiques, néanmoins, je dirai une chose : ces hommes, femmes et enfants syriens qui arrivent chez nous, sur des radeaux de fortune, n’oubliez pas qu’ils sont prêts à mettre leur vie en péril pour la promesse d’une vie. Je ne vous parle même pas ici d’un confort de vie matériel. Simplement de la promesse d’une vie, loin des bombes, loin des armes, loin des humiliations, des tortures et autres actes barbares que ces personnes-là vivent de façon quotidienne. Mais ces dix-neuf femmes vous le diront mieux que moi.

Un récit à lire, absolument. Ne serait-ce que pour ne pas rester ignorant face à ce qu’il se joue en Syrie. 

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