Demain, j’étais folle, Arnhild Lauveng. 1ère édition, 15 janvier 2014, Éditions Autrement.

 

Il y a deux ans, je suis allée 10 semaines sur un lieu de stage qui a changé ma vision des pathologies psychiatriques à tout jamais : un hôpital de jour psychiatrique. Lors de ce stage, une patiente m’a prêté ce témoignage, aussi bouleversant qu’incroyable. L’autrice a cela de particulier qu’elle est aujourd’hui considérée comme « guérie » de ce trouble psychiatrique. Pourquoi ? Comment ? Personne n’a les réponses, pas même elle. Toujours est-il qu’aujourd’hui, elle est psychologue et parle de son expérience dans de nombreuses conférences.

Dans ce récit autobiographique, Arnhild Lauveng nous parle de ses années de schizophrénie. Alors, oui ! Je sais ! On ne guérit pas de la schizophrénie. Néanmoins … le parcours de cette femme est pour le moins atypique et hors du commun. Au fil des pages, l’auteure nous raconte sa schizophrénie. Les hallucinations et la paranoïa sont choses quotidiennes chez la jeune Arnhild. Son hallucination récurrente ? Un capitaine.


Si au commencement, le capitaine apparaît comme une figure paternelle et bienveillante, Arnhild se rend bientôt compte qu’il la pousse à avoir des comportements dans lesquels elle ne se reconnaît plus. La voix douce et rassurante se transforme, lentement, en un écho plein de rage et de mauvaises intentions. C’est son inconscient qui s’exprime et il en a, des choses à dire. Il crie, il hurle, il pousse à la folie, à l’atteinte à l’intégrité de la personne. Il pousse à la scarification, pour aux envies suicidaires. Un capitaine inconscient, un inconscient destructeur.

 

Ouvrir ce livre, c’est plonger tête la première dans un univers décalé, à la fois terrifiant et incroyable. C’est commencer à toucher du doigt le concept même de réalité pour ces personnes. Je vous mentirais, si je disais que ce livre est facile à lire, qu’il ne vous trottera pas en tête pendant plusieurs jours, semaines, voire mois. Néanmoins, il s’agit là d’un témoignage à lire, à offrir, à partager et à conseiller. Pour se rendre compte, s’éduquer, s’ouvrir et accepter … que tout ne peut pas toujours être expliqué, mais que la souffrance est là, palpable, à portée de mains, pour ces « fous ».

 

Un témoignage poignant, qui vous fera ouvrir les yeux sur la schizophrénie.

 

« J’ai été schizophrène. je sais comment c’était. Je sais à quoi le monde ressemblait alors, ce que j’en percevais, ce que je pensais, ce que je devais faire. J’ai eu aussi de « bonnes périodes ». Je sais comment je les vivais. Et je sais comment les choses sont maintenant. C’est complètement différent. Maintenant, je suis guérie. Et ça aussi, ça doit être possible. » (pp. 19-20)

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