Notre part de cruauté, Araminta Hall. Éditions Préludes, septembre 2019, 448 pages.

 

 

L’ambiance est frigorifique, dès le départ. Rapidement, un certain malaise s’installe. Les limites sont floues, les personnages déstabilisants et, toujours, ce petit je-ne-sais-quoi qui dérange. Les premières pages ne laissent aucun doute : il s’agit bien d’un thriller psychologique.

 

L’auteure plonge son lecteur dans le vif du sujet, sans ambages : nous voilà immergé dans la tête de Mike, trentenaire, riche et séduisant homme d’affaires de la City. En couple avec Verity depuis quelques années, ce jeune homme bien sous tous rapport a pourtant eu un début de vie difficile : abandonné par son père et laissé seul auprès de sa mère alcoolique, elle-même dans l’incapacité de s’occuper de son fils, Mike finira par être recueilli par une famille aimante et stable, qui lui offrira la possibilité de faire de brillantes études.

Seulement, malgré une famille aimante, le traumatisme de l’enfance est toujours présent… et rapidement, le lecteur comprend que Mike, bien que « bon parti », a quelques difficultés avec le lâcher-prise.

Tout commence alors que Mike accepte un poste de plusieurs années à New-York. Il est jeune et, cette opportunité, c’est la promesse d’une évolution de carrière fulgurante. Après New-York, toutes les portes s’ouvriront. Seulement, à NYC, Mike – après une soirée un peu trop arrosée – trompe Verity. Il lui dit, et Verity le quitte. Mike repart à New-York et revient s’installer définitivement à Londres quelques mois plus tard. Secrètement, il espère que Verity l’attend, qu’elle lui aura pardonné cette incartade. Quelle n’est pas sa surprise, donc, lorsqu’il découvre que Verity va se marier ! Rapidement, Mike se persuade qu’il s’agit d’un nouveau genre de jeu entre elle et lui : Verity va se marier pour le faire souffrir, parce que ça fait partie de leur jeu. Il épie les moindres faits et gestes de sa dulcinée, déterminé à venir la sauver au moindre signe. Seulement voilà, le jeu en est-il véritablement un ? Qui manipule l’autre ?

 

J’ai été, très honnêtement, bluffée par la capacité de l’auteure à me mettre mal à l’aise. Par rapport à l’ambiance, tout d’abord. Puis, par rapport à Mike, personnage que j’ai détesté, haïs même, au plus haut point. La psychologie des personnages est fouillée, le rythme est soutenu et l’ambiance pesante… trois ingrédients indispensables, selon moi, pour un thriller psychologique réussi.

Ce polar aurait pu être, à mon sens, un coup de maître. Néanmoins, la fin m’a laissé sur ma faim… et c’est le moins que l’on puisse dire. Si j’entends ce que l’auteure a voulu démontrer avec une telle chute, je suis, pour ma part, passée complètement à côté et de l’histoire, et de son message – pourtant cher à mon cœur de féministe.

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