Jouir: en quête de l’orgasme féminin, Sarah Barmak. Éditions Zones, octobre 2019, 208 pages.

 

Ah, le plaisir ! C’est une des grandes choses qui nous différencie d’avec les animaux : on fait l’amour, pour le plaisir, pour l’envie, sans intention de procréer. Les animaux, eux, jamais. C’est fou, non ?

Et pourtant, malgré nos besoins physiologiques, viscéraux, même, parfois (qu’on ose se le dire !) ; malgré une attirance incontrôlable pour l’autre… cinquante pour cent des femmes disent être insatisfaites. Pour certaines, il s’agit d’un manque de désir pour son partenaire… pas grand-chose à faire face à ça, si ce n’est changer de partenaire. Pour d’autres, c’est l’orgasme qui est inatteignable. Et la partie de jambes en l’air qu’elles avaient imaginée incroyable, se termine dans un souffle de frustration. Putain de machine !

Avec son essai, Sarah Barmak tente d’apporter de nouvelles pistes de recherche et de compréhension du plaisir féminin. Ainsi, elle nous emmène avec elle à la rencontre de personnages atypiques : certains offrent des cours de méditation de pleine conscience, censés aider les femmes et leurs partenaires à atteindre l’orgasme. D’autres proposent des massages sensuels, afin de stimuler des zones érogènes inconnues de nous jusqu’à lors. Sarah Barmak nous emmène même en plein cœur d’un festival dans lequel une femme monte sur scène et offre aux spectateur un orgasme. Mais l’auteure nous permet également d’aller à la rencontre de femmes libérées sexuellement ou, au contraire, coincées dans un carcan, incapables d’atteindre ce qu’elles recherchent désespérément.

Si j’ai énormément aimé les trois premiers chapitres, le dernier m’a un peu laissée de marbre. Je l’ai trouvé moins documenté, plus « voyeur » en quelques sortes. Néanmoins, l’immense travail de recueil de données et de documentations de Sarah Barmak nous offre un ouvrage très intéressant quant à l’approche sociologique et culturel de l’orgasme féminin. Ça vous fera sourire, parfois, mais également réfléchir sur nos représentations de la sexualité féminine aujourd’hui.

Crédit photo: @LecoindesmotsParce que, et bien que nous soyons au XXIe siècle, force est de constater que, en ce qui concerne la sexualité, nous sommes bien loin de l’équité. L’homme doit éjaculer. S’il n’y arrive pas, on le prend au sérieux, toujours. La femme, elle, doit être en mesure de procurer du plaisir. Et si elle n’arrive pas à jouir ? « Bah, tu verras ma fille, écarte les cuisses, détends-toi, la prochaine fois, ça ira mieux ! »

%d blogueurs aiment cette page :