Honoré et moi, Titiou Lecoq. Éditions L’Iconoclaste, octobre 2019, 304 pages.

 

Lire Honoré et moi, c’est un peu comme lire un essai sur le concept d’artiste maudit. Parce que s’il y a bien une chose que l’on peut dire d’Honoré de Balzac, c’est qu’il n’a pas eu de chance. On pourrait pousser le vice jusqu’à dire qu’il a eu la guigne. Toute sa vie.

Au travers de cette biographie décoiffante, j’ai eu la sensation de découvrir un homme plein d’ambivalence, qui n’a de cesse de s’agiter, qui n’a de cesse de créer. C’est à la fois éblouissant et vertigineux, de lire ses décadences successives.

Honoré, l’argent lui brûlait les doigts. Et bien qu’il ait fait fortune avec certains de ses romans, il n’a jamais été en mesure d’en mettre de côté. Honoré, il avait toujours besoin de plus de faste, de plus de luxe, de plus de pièces de collection – vêtements, tableaux, mobiliers … rien n’est trop beau, pour Honoré.

Achète-t-il pour compenser quelque chose ? Trouve-t-il dans ces acquisitions frénétiques une forme de complétude ? Une forme d’apaisement ? Oui, je fais de la psychologie de comptoir… mais je n’ai pu m’empêcher de me poser ces questions, tout en découvrant les déboires continuels d’Honoré.

Une chose est certaine : Honoré était un sacré personnage ! Personne n’est indifférent à cet homme, qui n’a pourtant que le verbe pour briller en société. Le verbe … et ses plus beaux apparats. Enfin, « briller » … là encore, c’est ambivalent. Honoré de Balzac est autant ridiculisé par ses pairs, qu’il est jalousé. Trop fantasque, trop bruyant. Trop vivant ?

C’est pourtant seul, ou presque, qu’Honoré finira sa vie. Et puis, comme c’est un artiste maudit – un vrai ! – il mourra en touchant du doigt ce qu’il a toujours souhaité : une fortune et l’amour.

Alors, vie de merde, que celle d’Honoré ?

Le génie de ce livre réside avant tout dans la plume caustique à souhait de Titiou Lecoq. À la fois hilarante et intelligente, c’est avec un vrai vent de fraicheur de l’auteure vient dépoussiérer la vie de cet homme de lettres, boudé par nos contemporains. C’est distrayant et instructif, à la fois drôle et triste.

 

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