L’été où je suis devenue vieille, Isabelle de Courtivron. Éditions L’Iconoclaste, février 2020, 196 pages.

J’aime les vieux. J’ai toujours aimé les vieux. Enfin, on ne doit pas dire « les vieux ». On doit dire « les personnes âgées ». Ou mieux, « les séniors ».

Bref, je suis comme ça, moi. Je les aime. Je les kiffe. Les admire, les chéris, les adore, les honore, les glorifie, les affectionne. Je les estime. Plus que tout.

Je me suis souvent demandé ce que pouvaient ressentir les « personnes âgées » face à la vieillesse, face aux pertes de mémoire, face à la « grabatisation ». Face à la perte. Le début, en tous cas.

Et puis j’ai découvert Isabelle de Courtivron. Ses mots justes. Ses mots crus, acérés, incisés pour faire mouche. Pour mettre mal à l’aise.

Elle dit. Simplement. Honnêtement. Ça fait mal, parfois. Ça fait mal parce que c’est vrai. Parce que la vieillesse, finalement, c’est comme une longue période de deuil qui commence. Mais comment accepter ?

Elle dit. Avec humour. Parfois même de façon risible.

L’auteure mêle habilement ses souvenirs d’un temps que l’on peut penser révolu, avec le monde d’aujourd’hui. Si différent… et pourtant si identique. Ne sommes-nous pas, finalement, à la recherche des mêmes valeurs ? N’avons-nous pas, encore aujourd’hui, les mêmes revendications qu’hier ?

Isabelle de Courtivron soulève de nombreuses interrogations et répond à certaines de mes questions avec une plume que l’on sent honnête. Il n’y a pas de fard, elle ne cherche pas à nous brosser un tableau lumineux et poli de la vieillesse. Et ça, c’est précieux !

 

Et surtout, entre les lignes noircies, entre les mots qui frappent et l’humour noir, on sent tout l’amour qu’Isabelle de Courtivron porte à la vie et au monde.

Un témoignage dont vous auriez tort de vous priver !

Résumé éditeur

Elle a soixante-treize ans. Cet été-là, Isabelle de Courtivron se rend compte qu’elle a perdu en souplesse et qu’elle s’essouffle plus vite. Son ophtalmo lui a prescrit une opération de la cataracte. Son corps est usé. Elle a pris sa retraite, a du mal à adopter Instagram ou Twitter. Elle se surprend à voir partout, tout le temps, des plus jeunes qu’elle. Ce qui lui arrive ? L’âge. Elle est devenue vieille.

Avec une sincérité rare teintée d’humour, Isabelle de Courtivron raconte ce basculement qu’elle n’a pas vu venir. Elle a toujours vécu en femme libre, tournant le dos à la vie conventionnelle qui l’attendait. Indépendante, voyageuse, nourrie par les féministes des années 1970, elle est devenue professeure de lettres aux états-Unis. Soudain, pour la première fois, il lui arrive quelque chose qu’elle n’a pas choisi. Le regard des autres la renvoie à son âge. Elle-même constate les transformations à l’œuvre dans sa chair et son esprit.

Isabelle de Courtivron livre un récit intime, sans fard, qui parlera à des centaines de milliers de femmes. Elle interroge le vieillissement au féminin, dans une société où les inégalités entre hommes et femmes se jouent à tous les âges. Elle montre cette étape de l’existence sous un jour nouveau, et permet aux lecteurs de la vivre par anticipation.

Extrait

« La littérature m’a toujours soutenue, même si, depuis que je suis toute petite, on m’a beaucoup reproché de rejeter le « vrai monde » en m’enfermant dans les livres.« 

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