Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Mick Kitson. Éditions Métailié, août 2018, 256 pages.

J’ai acheté ce roman en septembre, à Besançon, lors du salon du livre. J’y pensais, régulièrement, sans l’ouvrir pour autant. Alors, quand il s’est trouvé qu’il faisait partie de la sélection pour le prix du meilleur roman Points 2020, forcément, je l’ai lu ! Et quelle belle surprise !

J’ai été conquise par l’histoire de ces deux gamines en fuite, logeant dans une cabane de fortune en pleine forêt. Sal et Peppa. Deux sœurs.

La force du roman repose, entre autres, selon moi, à l’hermétisme au monde extérieur que l’auteur arrive à créer. Oublié, le monde connecté en permanence, où l’on veut tout et tout de suite. Au milieu de ces bois, il faut attendre encore et toujours. Attendre que le poisson morde, que le lapin se coince, que l’eau chauffe, que la pluie passe, que le vent retombe… Sal l’a préparé pendant de longs mois, leur fuite. Il le fallait. Il fallait qu’elle protège sa petite sœur, Peppa, de leur beau-père. Inexorablement.

Alors, elles partent, un soir, après avoir commis l’inévitable. Sal a tout planifié, tout prévu. Alors, elles se réfugient dans les Highlands. Et elles survivent. Et la vie devient presque belle, tellement poétique.

Sal, celle qui est tellement adulte, pour son âge. Tellement intelligente et entêtée. Et puis, Peppa. Oh ! Peppa ! C’est la joie et la naïveté, mêlées d’une curiosité et d’une insouciance incroyables. Une boule d’énergie et d’humour qui adore courir après les lapins. Peppa, c’est le rayon de soleil au cœur des Highlands.

C’est Sal qui nous conte cette histoire. Sal qui nous raconte comment « la sorcière » a sauvé sa sœur, comment elles se sont apprivoisées, toutes les trois.

 

C’est une histoire de survie, mais avant tout de vie. Un roman sur la quête de soi et notre lien, profond et inné, avec la nature.

C’est l’histoire de Sal et Peppa. Et elle est magnifique.

Résumé éditeur

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.

Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature. Une vraie réussite.

Extraits

« J’avais expliqué à Peppa que m’man avait une maladie appelée l’alcoolisme c’est-à-dire une addiction à l’alcool qui vous empêche d’être normal et vous oblige à boire tout le temps comme m’man, à vous endormir et à pleurer et à ne pas vous occuper de vos enfants. Ça vous fait aussi accepter l’inacceptable chez les autres et avoir une haute tolérance face à une attitude inappropriée disait un des sites que j’ai consultés là-dessus. Comme avec Robert. Elle le laissait la frapper et lui prendre son argent et nous frapper aussi parce qu’elle avait une maladie qui lui faisait croire que ce n’était pas grave. C’est parce que vous avez des réactions chimiques différentes dans le cerveau qui vous poussent à vouloir et à chercher la chose qui vous rend malade et comme vous ne savez pas que vous avez cette maladie, vous refusez d’admettre que vous êtes malade. »

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« Survivre se résume en grande partie à prévoir, prendre le temps de réfléchir et faire un plan. Le Guide de survie des forces spéciales dit que le facteur le plus important dans la survie à long terme est l’attitude. La façon dont on réfléchit affecte nos chances de réussite. Si on est négatif et si on pense seulement que les choses vont empirer ou qu’on ne peut pas continuer alors on commence à agir dans ce sens. Et plus on pense et agit dans ce sens plus les choses empirent et plus on prend de mauvaises décisions. Et c’est là qu’il faut prendre le temps de réfléchir, faire un plan et entreprendre une action capable d’améliorer la situation. Même une chose minime peut aider. »

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