Celle qui pleurait sous l’eau, Niko Tackian. Éditions Calmann-Lévy Noir, janvier 2020, 270 pages.

J’ai découvert Niko Tackian l’année dernière, avec son précédent roman : « Avalanche hôtel », que j’avais beaucoup apprécié pour l’ambiance que l’auteur arrivait à instiller dans son récit. C’est donc avec impatience et délectation que je me suis plongée dans son dernier polar : « celle qui pleurait sous l’eau ».

Il se trouve que Tomar Khan est un personnage récurrent de Niko Tackian, qui, avec ce nouvel opus, signe le troisième roman de la série consacrée à ce commandant, parfois surnommé le « pitbull » par ses collègues.

À nouveau, j’ai retrouvé, selon moi, ce qui fait la force de cet auteur : sa capacité à mettre en place une ambiance bien particulière, toujours sur le fil, et où les apparences sont souvent trompeuses.

Je ne vous cacherai pas que le thème du roman m’a également beaucoup touchée. Évidemment, il s’agit d’un thème que l’on retrouve assez souvent en littérature, néanmoins, j’ai apprécié de suivre cette enquête qui nous emmène dans les méandres des violences psychologiques conjugales. Des mécanismes d’actions et des mécanismes psychologiques mis en place par ces personnes, par ces pervers narcissiques, ainsi que nous les appelons désormais. Niko Tackian le fait avec beaucoup de tact et de justesse.

On retrouve l’asservissement, qui se fait, insidieusement, sans crier gare. La peur, qui s’instille, lentement, mais sûrement. L’impression, grandissante, de n’être rien. Et puisque l’on n’est rien, arrive alors ce sentiment, tenace, de mériter une telle situation. CQFD.

Il ne s’agit pas d’un polar à proprement parler. Mais plutôt d’un roman noir, d’un roman au cours duquel l’important n’est pas, finalement, la recherche de la vérité. Mais bel et bien la recherche de preuves qui permettraient de valider cette vérité. Devant un tribunal.

 

La psychologie des personnages m’a plu. Je l’ai trouvée fouillée et pleine de détails qui donnaient du corps et du coffre aux personnages.

Il se trouve que je me suis procurée « Toxique », en novembre dernier… premier volet de cette série d’enquêtes du commandant Tomar Khan. Nul doute qu’il ne devrait pas rester longtemps dans ma PAL.

Résumé éditeur

Si Clara n’avait pas aimé cet homme, elle serait toujours en vie.

Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.
Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, veut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.
Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.

Qui rendra justice à celle qui pleurait sous l’eau ?

Extraits

« Un mercredi comme les autres, IL aperçoit sur le plan de travail en inox une trace cerclée de café. « C’est toi qui as fait ça ? » Prise au dépourvu, je mets du temps à comprendre de quoi il retourne. Après tout, il suffit de passer un coup d’éponge. Mais IL a les yeux exorbités, il s’approche de moi comme une bête sauvage. « Avoue que tu l’as fait exprès. » Sa colère est telle, la menace des coups si présente que je m’entends répondre : « Oui, c’est vrai, je suis désolée, je ne recommencerai plus… » »

•••

« Tomar était un ours, mais il avait ses faiblesses. C’était aussi un sensible de la race ceux qui souffrent en silence, portant le poids de leurs soucis sur les épaules jusqu’à ce qu’elles se brisent. »

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