La morsure de la goyave, Maria Eugenia Mayobre. Éditions Nil, juin 2020, 256 pages.

C’est une histoire de famille. D’une malédiction, qui n’en est pas vraiment une. D’une lignée de femme fortes, et pourtant si vulnérables. C’est aussi l’histoire d’un homme. D’un « womanizer », comme on les appelle aujourd’hui. D’un qui envoûte, qui fait perdre la tête. Qui rend folle. Folle de désir, folle d’amour, folle de jalousie.

Lui, c’est « le poète ». Et celle qui nous en parle s’appelle Primitiva, ou Mulatona… ça dépend des moments. Avant de perdre la raison, à l’instar de ses ancêtres, elle raconte l’histoire de cette dynastie féminine, à jamais marquée par le poète.

Tout commence à la naissance du poète, en 1939, quelque part en Amérique latine, lorsque la maîtresse de maison prédit qu’il sera responsable des malheurs de toutes les femmes de la famille. Au fil des ans, la prophétie se révèle être vraie, puisque toutes deviennent folles, sans exception.

Primitiva le sait, son tour arrive. Alors, comme on rédige son autobiographie, elle consigne ses souvenirs et nous livre les secrets familiaux. Elle nous raconte son alter ego, Mulatona, et son indécision quant à laquelle des deux doit prendre le dessus.

En retraçant l’histoire de ses ancêtres, Primitiva nous conte la vie du poète. Homme irrésistible, artiste et rêveur, qui ne prend rien au sérieux. Et surtout pas la vie. A quoi bon, on ne gagne jamais la partie, contre elle.

Ce roman a des allures de fables, je trouve. Peut-être est-ce dû à cette ambiance sud-américaine, palpable, au fil des pages. On sent la chaleur et la lourdeur de ces pays, mais aussi toute la générosité et la vie qui s’y trouve.

 

Le portrait de ces femmes m’a rappelé les films de Pedro Almodovar. Des femmes empreintes d’une folie douce, fortes, passionnées et impertinentes, mais toujours au bord de la crise de nerfs.

Une lecture qui sort de l’ordinaire et qui amène un vent d’exotisme le temps d’un roman. Comme un joli moment hors du temps.

Résumé éditeur

Quelque part en Amérique latine, un après-midi de l’année 1939, Julia frappe à la porte de doña Yolanda pour demander du travail. Nul ne se doute alors que grandit en elle le fruit d’un péché. Lorsque Julia accouche, la maîtresse de maison prédit que l’enfant, Alfonso, sera responsable du destin tragique des femmes de la famille. Hélas, la prophétie se réalise : doña Yolanda puis toutes ses descendantes sombrent dans la folie.
Quand Primitiva, l’arrière-petite-fille timide de doña Yolanda, perd la raison à son tour, elle laisse place à son alter ego Mulatona, une femme forte et irrévérencieuse… Comment un homme a-t-il pu provoquer la folie de toutes les femmes de cette famille ? C’est l’histoire que Primitiva nous raconte.
D’une plume vive et savoureuse, María Eugenia Mayobre nous entraîne au coeur d’une palpitante saga latino-américaine portée par des femmes passionnées et… au bord de la crise de nerfs.

Extrait

« Le poète ne fut pas son premier amant. Le professeur d’éducation physique de l’internat, un brillant avocat qui avait abandonné le métier pour ce poste qui lui apportait des revenus moindres mais davantage de bénéfices, se chargeait de faire perdre leur virginité à toutes les demoiselles qui souhaitaient éviter ce risque énorme qui consiste à offrir sa pureté par amour. »

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