Fermer les yeux, Antoine Renand. Éditions La Bête Noire, mars 2020, 464 pages.

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai découvert Antoine Renand lors de son entrée fracassante dans la littérature noire, avec son premier roman, L’empathie, un polar dérangeant et mené tambour battant, du début à la fin. J’ai attendu ce deuxième roman avec beaucoup d’impatience et – il faut l’avouer – mes attentes étaient (très) hautes.

 

Tassi est un flic qui avait tout. Une femme, deux gamins, une carrière qui se profilait bien, de bons coéquipiers. Seulement, voilà, il aime bien picoler un peu. Et puis, un jour, il y a le verre de trop. Celui qui fait tout basculer. Depuis, Tassi a perdu tout ce qui faisait sa grandeur. Alcoolique notoire, on attend simplement la bourde de trop pour la mise à pied définitive.

Un jour, en 2005, Justine, sept ans, disparaît sans laisser de trace dans un petit village en Ardèche. Rapidement, une battue se met en place et tous les habitants y prennent part. Quelques heures plus tard, le gendarme Tassi la découvre et coince l’assassin par la même occasion. Néanmoins, les apparences sont parfois trompeuses et le coupable idéal n’est pas forcément coupable pour autant. Et quand, quinze ans plus tard, Tassi se rend compte qu’il a peut-être envoyé un innocent en prison, il décide de déterrer la vérité, coûte que coûte. Avec l’aide d’Emma, la jeune avocate du dit-innocent et de Nathan, le plus grand spécialiste des tueurs en série, Tassi tentera de débusquer celui qui, depuis plus d’une décennie, semble agir en toute impunité, au nez et à la barbe des policiers.

 

Comme pour son premier roman, Antoine Renand n’épargne pas ses lecteurs de scènes et de descriptions assez gores. Alors, âmes sensibles, abstenez-vous ! L’histoire est bien ficelée et les rebondissements nombreux, le lecteur est loin de s’ennuyer. Cela va de soi : le suspense est au rendez-vous.

Les personnages sont fouillés, ce qui leur donne une dimension très concrète, ancrée dans notre réalité. La psychologie n’est pas mise de côté, bien au contraire. Oui, décidemment, Antoine Renand sait donner de l’épaisseur à ses personnages.

 

Un deuxième roman qui confirme donc, selon moi, le potentiel de cet auteur à nous raconter des histoires bien gores et torturées… j’attends le prochain avec impatience.

Résumé éditeur

Un enquêteur à la retraite, hanté par une erreur qu’il estime avoir commise quinze ans plus tôt.
Un jeune auteur, considéré comme le plus grand spécialiste français des tueurs en série.
Une brillante avocate, dévouée à la défense d’un homme victime, selon elle, d’une effroyable injustice.
Ensemble, ils devront débusquer le plus insaisissable des prédateurs.

2005. Dans un village perché d’Ardèche, la petite Justine, sept ans, disparaît.
Rapidement, les habitants s’organisent et lancent des battues dans la nature environnante.
Les recherches se prolongent jusque tard dans la nuit mais ce n’est qu’au petit matin que le gendarme Tassi découvre quelque chose…

Extrait

« Ses parents avaient mis Justine en garde, plusieurs fois. Mais il est difficile pour un enfant de sept ans de s’opposer à l’autorité d’un adulte; tout autant que d’identifier ses mensonges. »

•••

« Dans l’un des tiroirs de sa commode, sous une pile de vêtements, il choisit un survêtement avec capuche, en coton ouaté, aussi doux qu’une caresse; tout ce qu’il désirait était s’enfermer chez lui pendant des jours, sous une couverture, devant la télévision. Lire des romans, regarder des séries, ne plus répondre à ses e-mails ou à son téléphone. »

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