La géante, Laurence Vilaine. Éditions Zulma, août 2020, 192 pages.

Au pied de la Géante – cette montagne incroyable et majestueuse, qui donne tant à ceux qui la côtoient de façon quotidienne – vit Noële. Elle évolue en quasi autarcie, avec son frère Rimbaud qui, lui, ne dit jamais un mot, mais chante avec les oiseaux. Chaque jour, Noële sort chercher des plantes pour guérir, ou à déguster en tisane ; du bois, pour se chauffer, de quoi vivre. Une vie solitaire, monastique.

Puis, Noële découvre, par procuration, à quel point la vie peut être profonde, douce et aimante. Noële découvre que la vie peut se construire à deux, qu’elle peut offrir multiples aventures incroyables. Noële découvre l’amour, tout simplement. Et avec lui, ses corolaires : le manque, la douleur, l’extase, l’envie… et tutti quanti.

Et, au milieu de cet incroyable tourbillon de vie qui s’offre à la jeune femme, il y a la montagne. Immuable, constante, sur qui l’on peut compter. Elle, elle a toujours quelque chose à offrir, sans rien attendre en retour. Elle donne, encore et toujours. La Géante ne déçoit pas, jamais. La Géante ne ment pas. Elle ne se cache pas. À l’inverse de l’amour.

C’est un livre sur l’amour. La découverte de l’amour. La complexité de l’amour. L’amour par procuration. L’amour qui s’essouffle. L’amour fraternel. L’amour pour la nature.

Véritable personnage principal de ce roman, la Géante devient l’allégorie de la nature comme mère nourricière. La mère, qui nourrit, qui abreuve, qui réchauffe. La mère, qui offre de l’amour, inconditionnellement.

Ce roman est l’une de mes plus belles lectures de cette rentrée littéraire. L’écriture est poétique et l’ambiance onirique. Une prose maitrisée à la perfection, qui nous livre une histoire à la fois sensible et douloureuse.

Résumé éditeur

Noële a toujours vécu au pied de la Géante, la montagne immuable qui impose son rythme, fournit les fagots pour l’hiver, bleuet, bourrache, gentiane pour les tisanes et les onguents.
Elle est un peu sorcière, a appris les plantes et la nature sauvage grâce à la Tante qui les a recueillis, elle et son frère Rimbaud qui ne parle pas mais chante avec le petit-duc. Elle sait qu’on ne peut rien attendre du ciel, et n’a plus levé les yeux vers le soleil depuis longtemps. Repliée dans cet endroit loin de tout, elle mène une existence rugueuse comme un pierrier.
Soudain surgit dans sa vie l’histoire de deux inconnus. Elle découvre par effraction ce que peut être le désir, le manque, l’amour qui porte ou qui encombre. Elle s’ouvre au pouvoir des mots.

Extrait

« Je ne sais pas ce que fait faire l’amour, ce qu’il sème dans le coeur des hommes, de craintes, de renoncements, de lâchetés ou de comètes, combien il met les têtes à l’envers, dedans des petites poussières, des chemins en miettes ou de grands soleils, comment depuis des millénaires il fait tourner les peaux de bêtes et les robes, brode et repasse, effiloche ou ravive les dentelles. Et c’est beaucoup, beaucoup pour un seul mot. »

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« La femme qui monte regardait les flammes comme on baisse les armes et comme on se rend, à la vie et à la mort, quand elles nous dépassent, quand leurs seuls noms qu’on chuchote, qu’on se répète, la vie, la mort, nous font lucioles ou cigales, briller ou chanter le temps d’un amour, étendre la lumière ou descendre de l’arbre quand il prend fin. »

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