Ensemble, on aboie en silence, Gringe. Éditions Harper Collins, septembre 2020, 176 pages.

Étant particulièrement intéressée et fascinée par la schizophrénie, je ne pouvais passer à côté de ce témoignage. Avant de commencer ce roman, je ne connaissais pas du tout Gringe… c’est ma sœur, en passant chez moi un soir, qui me dit « mais Gringe ?! Le rappeur ? ». Et peut-être n’aurais-je pas réussi à appréhender ce texte de la même façon si j’avais su qui Gringe était avant de commencer ma lecture.

Dans ce court livre, l’auteur nous raconte Thibault, son frère, diagnostiqué schizophrène en 2001. Ses mots sont emplis d’une poésie et d’une sensibilité incroyables. C’est un texte écrit par et avec amour. De ces récits qui respirent l’authenticité.

Quand la maladie psychiatrique arrive, la culpabilité des proches accoure au galop. Parfois, la honte n’est pas loin derrière. Comment accepter ce que l’on ne peut même pas expliquer ? Comment aider l’autre alors qu’on ne connaît même pas vraiment ce qu’il se cache derrière le terme « schizophrène » ?

Guillaume Tranchant (Gringe) a souhaité mettre tout cela par écrit. Il a voulu poser les mots. Et pour ce faire, il a demandé à Thibault, son frère, de lui parler de son histoire, de ses voix. Ainsi, le récit alterne entre le point de vue des deux frères et oscille entre tristesse, humour et tendresse. Ensemble, ils aboient. Ensemble, ils livrent une bataille contre une maladie encore bien trop méconnue. Parce que la stabilité ne peut avoir lieu, sans l’appui des proches.

Guillaume et Thibault signent un livre sur la schizophrénie, oui. Mais ils nous parlent avant tout de ce lien si puissant, indéfectible, incroyable qui se développe au sein d’une fratrie. C’est un livre sur la maladie. Mais surtout sur l’amour fraternel. Un amour qui peut faire des merveilles.

Lisez ce livre. Offrez-le. Relisez-le. Cornez les pages. Prêtez-le.

Résumé éditeur

« Il y avait cet énorme chêne près des toilettes des garçons, sur lequel je reproduisais les coups de pied retournés du Chevalier lumière, pour envoyer un signal aux inconscients qui t’auraient cherché des noises. Il ne pouvait rien t’arriver. Tu avais un frère dans la cour des grands, qui maîtrisait en théorie les rudiments du karaté et qui veillait sur toi. En théorie. Dans la pratique, ta garde rapprochée laissait parfois à désirer »

Deux frères L’un, candide, l’autre, rageur. Leurs parents ont mis au monde la parfaite antithèse.

Quand Thibault fonce, Guillaume calcule.

Si Thibault tombe, Guillaume dissimule.

Prise de risque contre principe de précaution. L’amour du risque face à l’art de ne jamais perdre .

En 2001 Thibault est diagnostiqué schizophrène

À cela, un chevalier Lumière ne peut rien. Sa bascule, il fallait la raconter Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l’amour, les voyages, les rires, la musique et l’espoir. Alors, Thibault a accepté de livrer ses folles histoires Et ses voix se sont unies à celle de son frère.

Contre une maladie qui renferme tous les maux, les clichés, les fardeaux, ils ont livré bataille. À partir d’une tragédie universelle, ils ont composé un livre où douleur et mélancolie côtoient la plus vibrante tendresse.

Extrait

« À observer l’absence de tact dont on fait preuve à son égard, les jugements arbitraires, les regards fuyants, les discours infantilisants… je saisis mieux pourquoi mon frère préfère souvent battre en retraite. Et s’isoler. Moi j’enrage. Évidemment s’il m’est difficile de condamner l’ignorance des uns, la moquerie des autres me colle des pulsions meurtrières. Thibault voit tout et entend tout. Et je refuse qu’on ne voie plus en lui qu’un symptôme. Ça le dépossède de sa personne, ça le dépossède de son histoire. Et les deux sont bien trop belles. »

•••

« À quoi bon s’unir proche de la reliure si ces pages partagées ne retiennent pas l’inspiration qui fait de nous des frères aimants. »

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