Rosa Dolorosa, Caroline Dorka-Fenech. Éditions de la Martinière, août 2020, 288 pages.

La mère souffre, elle a mal. Si mal. La douleur va la rendre dingue, si ça continue. Mais comment ne pas avoir devenir dingue lorsque la chair de sa chair se retrouve accuse du meurtre d’un enfant. Comment ne pas perdre pieds, lorsqu’on vous dit que votre fils est un pédophile.

Évidemment, qu’elle n’y croit pas. Qui le croirait ? Alors la mère se bat. Elle part en guerre. Envers et contre tout. Elle est prête à remuer ciel et terre pour son garçon. Pour prouver son innocence. Il n’a pas pu le tuer, ce gamin. C’est impossible. Pas son fils. Pas lui.

Alors, elle sillonne les rues de Nice en large et en travers. Elle interroge, elle fait passer des pétitions, elle frappe aux portes. Elle se bat, tout simplement.

C’est le combat d’une mère pour laver la dignité de son fils. La passer à la javel. Qu’elle ressorte vierge de toute suspicion.

Coûte que coûte.

Si le sujet avait tout pour me plaire, j’ai traversé cette lecture sans ressentir aucune émotion. Je n’ai pas été touchée par cette mère. Je comprends son besoin, son combat, sa démarche, c’est plus fort que tout. Mais, voilà, aucune émotion. Et j’en suis la première désolée.

Je vous engage tout de même à le lire afin de vous faire votre propre avis, c’est tout de même un roman qui a conquis nombre de lecteurs.

Résumé éditeur

« Elles étaient au nombre de douze. Douze méduses qui plongèrent parmi les bulles éclairées au néon dans l’aquarium. Leurs tentacules flottant comme des fourreaux de fantômes. »

Dans les rues serpentines du Vieux-Nice, Rosa déambule au bras de son fils, Lino. Ensemble ils rêvent de posséder un hôtel dans lequel un immense aquarium accueillerait des méduses. À peine dix-neuf ans d’écart, ils forment un duo inséparable. Jusqu’au jour où Lino est arrêté et emprisonné pour le meurtre d’un enfant. Pour Rosa, l’innocence de son fils est incontestable.
Dans un ballet d’images charnelles, poétiques, la mater dolorosa se lance dans une quête sublime et dévorante. Mais jusqu’où l’amour maternel peut-il conduire ?

Née en 1975, Caroline Dorka-Fenech, diplômée de lettres modernes et de l’Atelier scénario de la FEMIS, a travaillé comme lectrice de scénarios, script doctor et enseignante. Rosa dolorosa, son premier roman, est le fruit d’un travail de dix ans.

Citations

« S’il était une chose dont elle était certaine, c’était que Lino n’était pas un monstre. Son fils était cet être lunatique mais attentionné pour lequel elle s’était toujours dévouée. Il était celui qui l’inspirait. Pour lui, pour qu’il soit fier, elle avait tout tenté pour éviter de reproduire la lente dégradation maternelle dont elle avait été le témoin, enfant. Pour lui, pour qu’il ne se sente jamais seul, elle s’était acharnée à devenir cette bonne maman qu’elle aurait voulu avoir. Une maman présente. Une maman vivante. »

•••

« Elle l’avait souvent vu dans ce état, écrasé par une ivresse qu’elle désapprouvait. Mais, dès qu’il serait endormi, il redeviendrait l’enfant qu’il était encore et Rosa ne pourrait pas s’empêcher de s’attendrir. Après tout, cette ivresse-là, elle était née de leur victoire. »

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