L’étreinte, Flavie Flament. Éditions JC Lattès, septembre 2020, 180 pages.

Emma et Augustin se rencontrent à la boulangerie, parmi les effluves de viennoiseries et de pains tout juste sortis du four. Ils se voient, se regarde et ont envie de plus. Alors, ils se revoient et c’est une porte vers une nouvelle aventure qui s’entrouvre pour ces deux-là.

Dans le monde d’avant, Emma et Augustin auraient eu le temps de construire quelque chose. Ils se seraient donnés rendez-vous dans une brasserie ou un restaurant, auraient échangé sur leurs vies respectives et exprimé quelques banalités, ici et là. Mais ça, c’était dans le monde d’avant. Parce que voilà, Augustin et Emma se rencontrent quelques jours seulement avant le confinement de mars 2019.

Alors, dans le monde actuel, Emma et Augustin continuent de se rencontrer, virtuellement. La séduction se fait par écran interposés. Emma est fébrile. Elle, qui a tant souffert, le bonheur serait-il à portée de main ? Mais d’abord, il y a l’attente, insoutenable. Et avec l’attente, l’espoir que le confinement prendra fin rapidement, très rapidement.

D’un plume à la fois envoûtante et poétique, Flavie Flament nous parle de l’attente et de ce besoin fondamental de contact humain que ressent tout un chacun. Elle parle des sentiments qui se lient et se délient, au gré des jours, au gré du temps et du confinement. « L’étreinte », ça parle d’un amour naissant, sans contact physique, sans possibilité de se toucher. Ça parle d’espoir de jours meilleurs et d’un amour à construire. 

Mais à trop espérer, à trop attendre, ne risque-t-on pas d’idéaliser la relation ? De fantasmer l’autre ? Et lorsqu’enfin on se rentrouve, la magie n’est-elle pas déjà brisée, finalement ?

C’est un roman dont les mots ont su me toucher, dont la douceur m’a enveloppée. Si de premier abord le sujet peut paraître vu et revu (l’attente, l’amour, tout ça, tout ça, quoi !), Flavie Flament aborde avec grâce les notions d’attente, d’espoir et d’amour dans la relation et développe avec tendresse le manque de l’autre et de contact.

Flavie Flament nous parle de l’amour au temps du confinement, et j’ai trouvé ça très beau.

Résumé éditeur

« L’étreinte est une conversation. Une langue au vocabulaire silencieux, qui ne souffre pas les frontières. Longtemps, mes bras ont été orphelins, en astreinte permanente, en alerte, en quête de chair, de poignets à serrer, de mains à caresser, de fronts à apaiser… J’avais besoin de les ouvrir, le plus grand possible, jusqu’au bout de mes doigts tendus à la limite de la crampe. Jusqu’à ce que je rencontre Augustin. »

Un homme et une femme tombent amoureux à l’heure où ils ne peuvent plus se voir. Comment vivre le désir lorsqu’il est impossible de se toucher et de s’étreindre ? Et quand ils le pourront enfin, qu’adviendra-t-il de leur histoire ? Sensible et profond, L’étreinte explore avec finesse le manque, le fantasme et les clefs de l’attachement.

Citations

« Dieu qu’il était magnifique ! Il n’avait pas quarante ans et je dirai aujourd’hui qu’il était d’une beauté et d’une virilité fracassantes. Mon père, ce héros. Aux épaules larges, au buste ferme recouvert d’une toison noire en forme de papillon, aux bras puissants et aux muscles saillants. Cette vision de lui a découragé mon renfrognement. Aveuglé par le soleil, il ne m’a pas vue et c’est seulement au moment de passer près de moi qu’il a éclaté de rire devant mon allure de moineau détrempé. »

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« Notre monde est coupé en deux : le temps alangui et celui de l’urgence. Le silence et le souffle des respirateurs artificiels. Et le hurlement des sirènes. »

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