« Gog Magog », Patrícia Melo

Gog Magog, Patrícia Melo. Éditions Actes Sud, mai 2021, 160 pages.

Toc. Toctoc. Talon et pointe. Rires sonores et tonitruants. Échanges tapageurs à n’importe quel heure du jour et de la nuit… Décidément, ce prof de biologie logeant dans un immeuble de São Paulo n’en peut plus. La faute à son voisin du dessus, Ygor. Avec un y en plus ! M. Ípsilon, comme il l’appelle. Bref, il fait trop de bruit, celui-là. Et le prof en a sa claque. Un rien l’énerve. Qu’Ygor vive, c’est déjà insupportable pour lui.

Alors, le prof va le voir et, forcément, l’hostilité entre les deux hommes monte d’un cran. Et d’un autre. Puis encore d’un autre. C’est l’escalade. Jusqu’à l’acmé : le prof tue Ygor.

Alors, ce n’est plus simplement l’histoire de deux hommes qui se détestent, mais l’histoire d’un homme qui a disjoncté et pour qui la vie vient de prendre un tournant radical. Le prof se retrouve en prison, dans l’attente de son jugement. Puis au tribunal. Son avocat choisit de plaider un forme rare d’épilepsie causée par les bruits incessants de son voisin, ayant elle-même entraîné un épisode de folie meurtrière, pour ainsi dire. Penser qu’Ygor soit devenu le mauvais objet responsable de tous ses malheurs ? N’y pensez pas une seule seconde pauvres fous ! Ça reviendrait à dire qu’être prof, c’est difficile, quand même. Que c’est éreintant, stressant, angoissant, déstabilisant et… déprimant ! Un peu de sérieux, voyons !

Dans ce petit roman (160 pages), c’est avant tout un portrait incisif de la société brésilienne, que nous livre Patrícia Melo. L’auteure dresse le terrible constat d’un pays à la dérive, dans lequel toutes les institutions tentent – tant bien que mal – de survivre, tout en mettant à mal tous ceux qui y travaillent. Éducation, santé, système carcéral, justice (et tutti quanti). Tout y passe. C’est à la fois délicieusement loufoque et complètement pitoyable.

Pourtant, à la fin de ma lecture, une question subsiste : L’auteure dresse-t-elle le portrait d’un pays à la dérive, ou ce roman met-il en abyme les conséquences d’un délitement grandissant des fondements de nos sociétés au niveau mondial ?

Un roman acide, un brin déjanté, mais qui pose de réelles question sociétales ! Tout ce que j’aime.

Résumé éditeur

Dans un immeuble de São Paulo, un professeur de biologie souffre des nuisances sonores provoquées par Ygor, son voisin du dessus. L’ énervement vire à l’obsession et tout l’insupporte : la musique, le téléphone, les voix, les grincements du sommier ; la vie, quoi…
Les tentatives pour régler le problème ne font qu’accroître l’animosité entre les deux hommes. Avec la haine, irréversible, vient la volonté de vengeance. Profitant de l’absence annoncée du voisin, le prof se rend dans son appartement où il est surpris par ce dernier, rentré à l’improviste. Tout s’enchaîne alors dans un déroulé confondant de naturel et… de violence. Au tribunal, l’avocat plaidera une forme rare d’épilepsie induite par le bruit, qui aurait entraîné des troubles mentaux.
À l’image de Gog et Magog, païens en terre damnée du livre d’Ézéchiel, voilà des êtres pitoyables qui s’affrontent, en qui semble se rejouer le combat diabolique et cosmologique du bien et du mal.

Éducation nationale, hôpitaux, système carcéral, corruption, racisme : en quelques chapitres savoureux, Patrícia Melo se livre à un état des lieux cuisant de la société brésilienne et à une dénonciation féroce de la faillite de l’État.

Extraits

« Le problème des femmes brésiliennes, disait-il, c’est qu’une grande partie de la population masculine du pays est incarcérée. Dans très peu de temps, si la situation continue de progresser à ce rythme, nous aurons plus d’hommes en prison qu’en liberté au Brésil. Comment les Brésiliennes vont-elles faire ? Ce que Rúbia, très maligne, est déjà en train de faire : apprendre à nous aimer. S’éprendre d’un homme honnête, disait-il, va être un truc de femme perverse»

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« Je crois préférable d’écouter que de parler. Celui qui parle balise. Et celui qui écoute anticipe. »

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« Il n’est pire aveugle », John Boyne

Il n’est pire aveugle, John Boyne. Éditions JC Lattès, avril 2021, 380 pages.

Tu seras un prêtre mon fils. Tel est le destin d’Odran Yates, choisi par sa mère à la suite d’une tragédie familiale qui fera basculer l’équilibre, déjà précaire, de la famille Yates. Alors, Odran intègre les rangs de l’église et porte le col. Cela lui convient, il a la foi. Sans compter qu’être prêtre en Irlande, dans les années 80, c’est avoir le peuple à ses pieds. Là-bas, on les admire, ces hommes d’église. Aujourd’hui, la société a peur d’eux, elle les dénigre, les insulte, les violente. Il faut dire que l’Église irlandaise est rattrapée par de sombres histoires de pédophilies. Histoires couvertes par les supérieurs d’Odran, cela va sans dire.

Odran, lui, n’a rien vu. Pour bien prier, il faut garder les yeux fermés. Ou peut-être était-ce plus simple, moins encombrant, de choisir de ne rien voir. Aujourd’hui, face aux révélations qui ébranleront à jamais la façon dont les irlandais – et pas que – perçoivent la prêtrise, il décide de raconter ce qu’il a préféré ne pas voir. Odran ouvre les yeux sur les quarante dernières années de sa vie et se frotte enfin à son sentiment de culpabilité et à ses responsabilités.

Avec son style bien à lui et son don incroyable pour nous conter l’indicible, John Boyne s’empare d’un des sujets les plus brûlants en Irlande. Grâce à Odran Yates, l’auteur dénonce l’inaction, l’hypocrisie, la lâcheté et le silence de ces hommes qui disaient n’œuvrer qu’au travers des volontés du Seigneur, se rendant tout aussi coupables que les autres.

Préparez-vous à naviguer entre la rage, la révolte… et l’empathie, face à ce prêtre naïf qui ne se rendra compte que trop tard que sa foi et son intégrité l’ont aveuglé.

Un roman à ne pas manquer et que vous ne risquez pas d’oublier.

Traduit de l’anglais (Irlande) par Sophie Aslanides

Résumé éditeur

Propulsé dans la prêtrise par une tragédie familiale, Odran Yates est empli d’espoir et d’ambition. Lorsqu’il arrive au séminaire de Clonliffe dans les années 1970, les prêtres sont très respectés en Irlande, et Odran pense qu’il va consacrer sa vie au « bien ».
Quarante ans plus tard, la dévotion d’Odran est rattrapée par des révélations qui ébranlent la foi du peuple irlandais. Il voit ses amis jugés, ses collègues emprisonnés, la vie de jeunes paroissiens détruite, et angoisse à l’idée de s’aventurer dehors par crainte des regards désapprobateurs et des insultes.
Mais quand un drame rouvre les blessures de son passé, il est forcé d’affronter les démons qui ravagent l’Église, et d’interroger sa propre complicité.
Roman aussi intime qu’universel, Il n’est pire aveugle évoque les histoires que nous nous racontons pour être en paix avec nous-mêmes. Il confirme que Boyne est l’un des plus grands portraitistes de sa génération.

Citations

« C’était à des moments comme celui-là que j’aurais aimé être là-bas pour ranger, au lieu de me trouver dans ce presbytère, obligé de fouiller pour découvrir un problème personnel que je serais probablement incapable de résoudre de toute façon. Pourquoi s’adressaient-ils à moi, pour commencer, alors que je ne savais rien de la vie ? »

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« J’avais gâché ma vie. J’avais gâché chaque seconde de ma vie. Et, ultime ironie, il avait fallu un pédophile condamné pour me démontrer que dans mon silence, j’étais tout aussi coupable que lui, qu’eux. »

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« Les aveux », John Wainwright

Les aveux, John Wainwright. Éditions Sonatine, novembre 2020, 208 pages.

Il s’appelle Herbert Grantley, il est pharmacien dans une petite bourgade anglaise. Une pharmacie qui se transmet de père en fils, à des hommes respectables, de ceux que l’on estime pour leur travail auprès de la communauté. Oui, Herbet est un homme respecté, ici.

Pourtant, ce soir, il est allé de son propre chef au commissariat pour confesser un trop lourd poids sur ses épaules. Il le traîne depuis un an, ce fardeau. Il pèse trop lourd, il doit s’alléger. Alors, il est allé au commissariat. Dire qu’il avait tué sa femme. Un empoisonnement.

Si son histoire tient debout, l’inspecteur-chef Lyle n’y croit pas un seul instant. Pourquoi diable venir se dénoncer un an après les faits, lorsque l’on est un homme si respecté de ses pairs et que le meurtre – s’il est avéré – ne pourrait qu’éclabousser son aura ?

Commence alors un long face-à-face entre les deux hommes. Un vrai du chat et de la souris, mais assis autour d’un bureau. Une joute verbale, en quelques sortes. Et que le plus futé des deux gagne !

Dans ce huis-clos troublant, Herbert sera amené à nous parler de son existence, sa vie de couple, puis de famille. Les relations se délitent, les amours se perdent, les liens sont toxiques… jusqu’à la révélation finale, ultime acmé de cette effroyable nuit qui marquera à jamais les vies de nos deux protagonistes.

Un thriller psychologique à la tension palpable, qui vous mettra mal à l’aise. En bref, un très bon polar !

Résumé éditeur

 » Vous êtes ici pour confesser le meurtre de votre femme.
– Exact.
– Il va falloir me convaincre. « 

Années 1980. Pharmacien respecté d’une petite ville anglaise, Herbert Grantley se présente un beau jour au commissariat pour confesser le meurtre de sa femme, morte un an plus tôt de causes réputées naturelles. Il déclare à l’inspecteur-chef Lyle l’avoir empoisonnée. Une version de l’histoire qui semble parfaite. Sauf que l’inspecteur-chef Lyle n’y croit pas. Mais si Grantley n’est pas coupable, pourquoi vient-il avouer ainsi ? C’est le début d’un long face-à-face entre les deux hommes.

Un inspecteur et un suspect dans un bureau : John Wainwright reprend ici en l’inversant le dispositif qu’il avait adopté dans son roman À table ! (Gallimard, 1980), dont Claude Miller a tiré Garde à vue. C’est cette fois au suspect de prouver à l’inspecteur dubitatif qu’il est coupable. Entre Le Chat et Les Fantômes du chapelier, un roman plus simenonien que jamais.

Citations

« Je commence à me demander si je parle à un meurtrier ou à un fou. Ou bien à un crétin content de lui ? À un cas d’école pour la psychiatrie ? Ou alors à un salaud de pervers assez tordu pour vouloir me faire perdre mon temps ? »

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« Elle aussi aimait notre fille, je savais qu’elle s’inquiétait mais elle n’avait pas cette foi inébranlable en Jenny. Elle l’aimait moins que moi je l’aimais. Beaucoup moins et de très loin… »

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« Contagion », Lawrence Wright

Contagion, Lawrence Wright. Éditions Cherche-midi, mars 2020, 464 pages.

Lawrence Wright a dit de ce texte qu’il l’avait écrit comme un avertissement ; pourtant force est de constater que quelques mois à peine après sa sortie en VO, son récit prend des airs de roman d’anticipation.

Tout commence en Asie, lorsqu’une cinquantaine de personnes, enfermées dans un camp de fortune, succombe à une mystérieuse fièvre. Rapidement, Henry Parsons – brillant épidémiologiste – est envoyé sur le terrain et découvre un virus dont le niveau de contagion atteint des sommets. En l’espace de quelques semaines, le virus se propage dans le monde entier, entrainant dans son sillon l’effondrement de toutes les institutions telles que nous les connaissons aujourd’hui…

Au-delà de l’histoire – que j’aurai trouvée complètement ahurissante sans notre contexte sanitaire actuelle – ce roman est un véritable plongeon dans le monde scientifique, et plus particulièrement dans le mode de fonctionnement des virus, que nous offre l’auteur. Il décrit avec brio la course scientifique qui se met en place, face à l’émergence d’un virus jusqu’alors inconnu, ainsi que la recherche pour trouver un vaccin… non sans oublier de mentionner les enjeux politiques et financiers que cela représente.

Si, au départ, j’étais frileuse quant à la lecture de ce polar quasiment prophétique, j’ai passé un agréable moment de lecture, notamment parce qu’au fil des pages, l’auteur ne décrit que très peu l’hécatombe humaine que l’émergence du virus amène, mais se concentre plutôt sur l’histoire des épidémies et des virus, offrant ainsi une dimension presque ludique à son roman.

Résumé éditeur

En Asie, 47 personnes succombent à une fièvre mystérieuse. Envoyé sur place par l’OMS, Henry Parsons, épidémiologiste de renom, découvre à quel point le virus est contagieux. Lorsqu’il apprend qu’un homme contaminé est en route vers La Mecque, où des millions de musulmans vont être rassemblés pour le pèlerinage annuel, c’est le début d’une course contre la montre pour enrayer l’épidémie. Mais, en quelques semaines seulement, le monde entier est touché et sombre dans une crise sans précédent. La maladie se propage, mettant à mal les institutions scientifiques, religieuses et politiques, et décimant une partie de la population. Trouvera-t-on la solution à temps ?

Électrisant, hallucinant et, en un sens, historique, ce thriller hors norme, qui rappelle les meilleurs ouvrages de Michael Crichton, nous propose une expérience peu commune. Conçu comme un roman d’anticipation, il a cessé d’en être un au moment même de sa parution, prenant ainsi une étrange allure prophétique. En plus d’une intrigue d’une efficacité et d’un réalisme saisissants, Lawrence Wright, prix Pulitzer, nous offre ici une exploration fascinante des épidémies, de leur histoire et de leur prévention.

Extrait

« D’après leurs calculs, plus de huit cent millions de virus se déposaient chaque jour sur le moindre carré de la surface terrestre. La plupart d’entre eux s’attaquaient uniquement aux bactéries, et non aux humains. On estimait le nombre total de virus sur la planète cent millions de fois supérieur au nombre d’étoiles dans l’univers. »

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«Peu importait à quel point on faisait attention en les manipulant, les virus échappaient parfois au confinement du laboratoire. Même au CDC, l’un des labos les lus surveillés du monde, quatre-vingt-quatre scientifiques – dont Henry – avaient été exposés à une souche vivante du bacille du charbon, supposément rendue inactive. La variole s’était échappée de laboratoires anglais à plusieurs reprises, causant la mort de quatre-vingts personnes au total. La négligence représentait une menace sous-estimée envers la civilisation. »

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« Africville », Jeffrey Colvin

Africville, Jeffrey Colvin. Éditions Harper Collins, août 2020, 384 pages.

C’est après plus de vingt années de recherches que Jeffrey Collins publie « Africville », roman retraçant, sur trois générations, l’histoire d’une famille noire et de leurs proches.

Si l’histoire de fond me tentait beaucoup – j’apprécie les fresques familiales – c’est surtout le sujet d’Africville qui a attisé ma curiosité. Construite en Nouvelle-Écosse – non loin d’Halifax – de toutes pièces par d’anciens esclaves afro-canadiens au milieu du XVIIIe siècle, la ville a été détruite sur ordre d’Halifax dans les années soixante. Suite à cette destruction, Africville est devenu l’un des plus grands symboles de l’oppression et du racisme que subirent des milliers d’Africains au Canada.

Au travers de ce roman, Jeffrey Colvin nous parle d’une ville dont il est impossible de se détacher, qui colle à la peau, parce que « être noir, on ne fait pas avec. On est noir, un point c’est tout. » Alors, à elle seule, Africville représente tout : les racines, les espoirs, les ancêtres, l’atavisme, les coutumes. À elle seule, elle les ramène constamment à cette construction sociale qu’ils ne seront jamais aussi bien que les blancs, quoi qu’ils entreprennent. Vous vous en doutez, j’ai beaucoup aimé cet aspect du roman.

Cependant, j’ai eu beaucoup de mal avec la construction du récit qui m’a paru assez bancale et maladroite et j’ai eu des difficultés avec l’enchainement des chapitres qui m’ont fait, parfois, perdre le fil du récit.

Ce triptyque familial me tentait beaucoup, mais je dois avouer que j’en ressors déçue et un peu confuse. Comme si l’histoire n’était pas complète, comme s’il me manquait des pages au récit, sans vraiment savoir lesquelles.

Traduit de l’anglais (USA) par Serge Chauvin

Résumé éditeur

Années 1930. Kath Ella refuse de suivre son destin tout tracé de fille de couleur et quitte Africville, un quartier fondé par d’anciens esclaves en Nouvelle-Écosse, au Canada. Après une histoire d’amour marquée par le deuil, elle donnera naissance à un fils, Omar, qui sera rebaptisé Étienne.

Années 1960. Étienne, dont la pâleur lui permet de passer pour un Blanc, vit en Alabama. Il est déchiré entre ses racines noires et la peur de perdre la vie qu’il est en train de construire.

Années 1980. À la mort de son père, Warner se lance dans une quête de ses origines, qui le mènera dans ce qui reste d’Africville mais aussi dans une prison d’État au fin fond du Mississippi.

Trois destins, trois personnages aux prises avec la réalité sociale de leur époque et les aléas de la vie. Pas de pathos ni de velléité moralisatrice. Les héros de ce roman sont des êtres vrais, de chair et de sang. En toile de fond, Africville, à la fois aimant et repoussoir, dont l’empreinte se transmet de génération en génération.

Avec ce premier roman triptyque vibrant, fruit de plus de vingt ans de recherches, Jeffrey Colvin s’impose comme une nouvelle voix de la littérature américaine, dans le sillage de Colson Whitehead et de Ayana Mathis.

Citations

« À l’époque où nul médicament ne pouvait raviver un bébé décharné, on recommandait parfois de l’étouffer. Il fallait agir, sinon l’Infortune risquait d’infecter le village tout entier. Mieux valait abréger les souffrances de l’enfant en pleine journée, lorsque les esprits malins seraient à son chevet pour boire la buée des ses derniers souffles.
Pourtant, plusieurs mères refusent de croire que les nourrissons défunts soient des enfants de l’infortune. »

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« Les détenues disent aussi qu’il faut toujours ranger une photo de famille en laissant le recto apparent, même s’il s’agit d’un parent qui vous a dénoncé à la police. »

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« La médecin », Karine Lacombe. Illustrations de Fiamma Luzzati

La médecin, Karine Lacombe. Illustrations de Fiamma Luzzati. Éditions Stock, novembre 2020, 192 pages.

Infectiologue, Karine Lacombe a vécu la première vague de Coronavirus de plein fouet. Avec ce récit brillamment illustré par Fiamma Luzzati, elle permet à tout un chacun de vivre ces quelques mois de l’intérieur.

Karine Lacombe nous parle des prémices de cette pandémie avec honnêteté et sans pathos : les médecins qui peinent à croire à une crise sanitaire, les premiers doutes, les premiers cas… Elle nous parle de l’engorgement des services et des difficultés psychologiques à faire face à une telle tension permanente. Elle nous parle de ses interventions sur les plateaux télé, de ces quelques mois pendant lesquels sa vie n’a eu lieu qu’à l’hôpital.

En parallèle, on suit Livia Guzzanti, une jeune femme qui revient d’un séjour au ski et dont l’état de santé se détériore petit à petit.

Avec cette BD, c’est la crise vécue de l’intérieur qui est mise en avant.

Il n’est pas ici question de porter un quelconque jugement sur la gestion de la crise sanitaire, mais simplement, pour Karine Lacombe, de raconter son quotidien et celui de son équipe à l’hôpital Saint-Antoine.

C’est également avec grand plaisir que je découvre les illustrations de Fiamma Luzzati dans un format plus long. Elle travaille avec Le Monde depuis quelques années, au travers d’un blog : L’avventura.

Résumé éditeur

Karine Lacombe nous ouvre les portes de son service d’infectiologie à l’Hôpital Saint-Antoine. Depuis mars dernier, elle et son équipe sont confrontées à un virus encore jamais vu sous leur microscope : le covid-19. Comment se préparer au combat et à la vague de cas qui afflue? Comment organiser l’hôpital en un temps record? Comment faire passer un important message de santé publique sans céder à la panique ambiante? Suivez une cheffe de service, ses réflexions, les péripéties du quotidien et la combativité de son équipe

Le récit dessiné de la crise du covid côté soignants, dans un hôpital sous haute tension.

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