« Double vitrage », Halldóra Thoroddsen

Double vitrage, Halldóra Thoroddsen. Les éditions bleu & jaune, mai 2021, 104 pages.

Elle habite à Reykjavik, dans un petit appartement. A 78 ans, elle est veuve et passe ses journées à regarder défiler le monde d’aujourd’hui à sa fenêtre. Un monde dans lequel elle ne se sent plus vraiment appartenir, dans lequel elle vit, mais plus vraiment. Quand on est vieux, le monde nous laisse de côté, ne veut plus nous regarder en face. Ce monde, elle l’a vu se transformer, muter. Pour le meilleur, peut-être ; mais elle, ce qu’elle voit, c’est surtout le pire : le consumérisme à outrance, cette course continuelle pour faire tout, dans l’instant, sans prendre le temps de savourer le temps présent. Si seulement ils savaient, comme le temps présent de la jeunesse est important. Elle, elle n’a plus rien désormais. Alors, elle les regarde, eux. Les jeunes. De loin. Elle est à l’automne de sa vie et se confie sur sa jeunesse en tant que femme libre, rêveuse et érudite.

Et puis, un jour, un homme arrive dans sa vie. Avec lui, c’est un peu le goût de vivre qu’elle retrouve. Un sentiment d’appartenance. Avec lui, elle a le sentiment de faire encore partie de ce monde, d’y avoir sa place. De se sentir légitime à être là. Alors, ils font des plans pour le futur, pour leurs vieux jours.

Derrière son double vitrage, elle nous parle de la vieillesse et de la solitude avec beaucoup de justesse et de poésie. Elle raconte le besoin intarissable de contact et de partage pour ces personnes dont l’âge les rend invisible aux yeux du monde. 

Elle conte l’isolement et ses ravages avec un subtil mélange entre brutalité et douceur. Et ce qui en ressort est aussi beau qu’émouvant.

C’est avec ce magnifique récit qui résonne d’authenticité que je découvre Halldora Thoroddsen. Il se trouve que c’est son dernier récit, qu’elle aura publié à l’âge de 78 ans, soit l’âge de la narratrice, et deux ans avant son décès… Difficile de ne pas y voir, dès lors, un témoignage très personnel de la vieillesse et de l’automne de la vie.

Résumé éditeur

Dans son petit appartement au centre de Reykjavík, une veuve de 78 ans contemple le monde à travers le double vitrage. Isolée et vulnérable, elle n’a pas d’autres perspectives que la solitude et la mort. Mais un miracle se produit : un homme lui déclare sa flamme. Son existence se remplit de joie et d’espoir, tout comme de doutes et de craintes. Ont-ils le droit de s’aimer dans un monde qui tourne en dérision les dernières amours ? Trouveront-ils le courage d’aller à contre-courant des prescriptions de la société ? Et que peut encore offrir l’amour au crépuscule de la vie ?

Un roman délicat et poignant sur un sujet rarement abordé dans la littérature.

Extrait

« Les amours des vieux ne sont pas les amours saines du mariage dont l’objectif est de peupler la Terre. Elles ne répondent pas non plus aux critères esthétiques, ni à la célébration des plaisirs de la chair dans l’esprit des gens, elles sont au contraire repoussantes lorsque la vieillesse transparente est impliquée. Même l’imagination devient timide à l’idée des corps secs et froissés de vieilles personnes se sautant l’une sur l’autre avec l’aide de lubrifiant. Le sexe est la seule chose qui leur vient à l’esprit, possédés comme ils le sont par cette unique vision des rapports humains. Les héritiers tremblent de nervosité. Les vieux amoureux ont parfois tendance à dépenser leur argent dans des délices futiles et à oublier leur rôle suprême dans la bataille pour la survie de leurs gènes. »

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«L’odorat est devenu plus subjectif avec l’âge, il m’envoie constamment des parfums de ma jeunesse. J’ai probablement cessé de sentir le présent. »

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« Deux petites bourgeoises », Colombe Schneck

Deux petites bourgeoises, Colombe Schneck. Éditions Stock, avril 2021, 140 pages.

ls en ont, de la chance, les bourgeois. Un magnifique et immense appartement à Paris, une villa chic en Normandie, des vacances à l’étranger, des clubs huppés dans lesquels envoyer leurs enfants pour être certains de rester dans cet entre-soi si cher à leur cœur. Il ne s’agirait pas de laisser n’importe qui entrer dans la famille. Ils en ont de la chance. En apparence. Parce que derrière les voiles sur mesures qui couvrent les hautes fenêtres de ces bâtisses autour du jardin du Luxembourg, la vie n’est pas aussi belle qu’il n’y parait. La bourgeoisie, aussi, meurt de cancers. Chez eux aussi, les amitiés se font et se défont sur fond de jalousie mal placée. On idéalise l’autre, le parquet est toujours mieux lustré dans l’appartement d’à côté.

Héloïse et Esther sont amies depuis leur plus tendre enfance. Si Héloïse est issue d’une longue lignée de bourgeois, Esther, elle, fait partie des « nouveaux riches ». Et si pour les néophytes les deux jeunes filles sont issues du même milieu, il n’en est rien lorsque l’on connaît les us et coutumes de cette classe sociale. Amies depuis leur plus tendre enfance, elles se jalousent et se manquent, s’estiment et se dénigrent. C’est l’amitié, quoi. Le « je t’aime, moi non plus! »

Seulement voilà, Héloïse est morte, bien trop tôt, laissant derrière elle une Esther perdue, qui n’a plus que ses souvenirs pour se rendre compte de la relation incroyable qu’elle a pu nouer avec Héloïse ces cinquante dernières années.

Ce court récit est une petite merveille qui décrit avec beaucoup de justesse et de finesse ce qu’est l’amitié et comment ce sentiment nous permet de nous construire et d’évoluer.

Mais Colombe Schneck nous livre également une description à la fois piquante et pince-sans-rire de la bourgeoisie d’hier et d’aujourd’hui.

Une pépite littéraire à ne pas manquer. Un coup de cœur.

Résumé éditeur

Une amitié naît entre deux petites filles de bonne famille qui se ressemblent, grandissent ensemble et suivent le même chemin : elles se marient, ont des enfants, divorcent en même temps, ont des histoires d’amour similaires… jusqu’au jour où la mort frappe à la porte de l’une d’entre elles.
Une fable drôle et amère sur la bourgeoisie, l’amitié et la mort.

Extraits

« À Héloïse, on apprend, au petit-déjeuner, à utiliser un couteau à beurre pour se servir un morceau de beurre, qu’il faut poser non directement sur le pain, mais d’abord sur une petite assiette, à utiliser son propre couteau ensuite pour étaler le beurre sur le pain. Esther ne voit aucun inconvénient à utiliser son couteau, à le plonger dans le joli ramequin en argent ramené du Silver Vaults de Londres, pour ensuite l’étaler sur sa tartine, elle fait de même pour la confiture. Bref, elle est mignonne mais n’a aucune éducation. »

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« […] l’argent ne l’intéresse pas, elle n’en parle pas, n’en cherche pas. Et ce désintérêt est bien la preuve qu’elle est une bourgeoise, il faut ne pas avoir eu peur de manquer pour être dans l’illusion que l’argent n’a pas d’importance. »

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« Les audacieuses », Robert L. Stevenson

Les audacieuses, Robert L. Stevenson. Éditions l’Apprentie, juin 2020, 156 pages.

Célèbre, notamment, pour ses romans L’île au trésor et L’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, Robert Louis Stevenson (1850 – 1894) a pourtant écrit plusieurs récits mettant en scène des femmes. Récits largement moins connus, voire inconnus, du grand public. Pourtant, ce maître de la narration a écrit quelques délicieuses nouvelles et, cette année, les éditions l’Apprentie ont décidé de publier un recueil de quatre nouvelles de Robert L. Stevenson. Le fil d’Ariane ? Les femmes, bien évidemment !

Tout d’abord, avant de savourer ces audaces littéraires, il faudra vous remettre dans le contexte de l’époque de l’auteur. Nous sommes au XIXe siècle et les us et coutumes sont bien différentes. Les cultures et les sociétés également.

Ainsi armé.e, vous pourrez plonger dans Les audacieuses. Vous découvrirez alors l’histoire de « l’ensorceleuse », brillante de modernité et d’intelligence ; « Thorgunna la solitaire » pourrait bien vous faire froid dans le dos, sans parler de « Janet la revenante ». « L’Orphésienne », quant à elle, ne vous laissera pas de marbre.

Ces personnages féminins sont d’une modernité incroyable … et lorsque l’on sait qu’il était lié d’amitié avec George Sand, tout s’éclaire !

Intelligentes, indépendantes, féministes et féminines, ces quatre femmes vous raviront de par leur audace !

Un recueil de nouvelles à ne pas manquer !

Résumé éditeur

Quatre nouvelles qui tournent autour de personnages féminins et écrites par un homme pour dévoiler une autre facette de Stevenson. Qu’arrive-t-il lorsqu’une jeune femme sublime vient en aide à un homme à la rue ? Ils se retrouvent en Écosse et se marient… Mais pas que ! L’Ensorceleuse a plus d’un tour dans son sac. Quand Thorgunna arrive chez Aude et Finnward, tout n’est qu’envie et jalousie. Mais également vol, enterrement, fantôme et malédiction… Qui s’y frotte, s’y pique ! Qui est cette Janet qui travaille pour le Révérend Murdoch ? Est-elle digne de con?ance ? Une aura mystique tourne autour d’elle, et provoque la colère des femmes du village. Pourquoi Janet semble de plus en plus étrange depuis son accident causé par les femmes du village ? Destin ou hasard, lorsque deux personnes ne cessent de se croiser ? Entre amour passionnel et amour déchu, Quand le diable était jeune rapproche sans cesse un homme et une femme au futur incertain.

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« Liberté, égalité, survie », Isabelle Rome

Liberté, égalité, survie, Isabelle Rome. Éditions Stock, mai 2020, 180 pages.

Isabelle Rome est magistrate. Elle en a vu passer, dans son tribunal, des hommes violents, des maris qui frappent, des conjoints qui humilient, des concubins qui tuent. Elle a aussi vu passer leurs victimes.

 

Ces femmes, traumatisées. Celles qui ne pensent pas valoir mieux. Celles qui pensent que – quelque part – elles méritent cette situation. Celles qui essayent de partir. Celles qui y retournent, parce qu’elles ne sont pas prêtes.

Mais celles qu’Isabelle Rome ne rencontrera jamais, ce sont toutes ces femmes mortes sous les coups de leur conjoint. Tabassées à mort.

 

Véritable essai sur les violences conjugales, Isabelle Rome donne également au lecteur de nombreuses pistes de réflexions, afin d’élever le débat et faire avancer les choses.

Faire avancer les choses, parce que, les violences conjugales ne sont pas une fatalité. Mais plutôt les conséquences sociétales d’une domination masculine qui fait encore norme dans notre société.

 

Les mots de l’auteure sont bruts, sans concession. Mais avec toute la rigueur et l’impartialité qu’un juge d’instruction se doit d’avoir.

Cet ouvrage est brillant, intense et intelligent. Et il est à lire absolument !

Résumé éditeur

Isabelle Rome est une femme comme on en croise rarement dans sa vie : une détermination, une intelligence des situations, un courage à toute épreuve, elle porte un regard lucide sur une situation tragique, qui est celle de bien des femmes en France aujourd’hui, mais également déterminé sur les solutions possibles à mettre en place.

Très engagée dans la lutte conte les féminicides, qui provoquent en moyenne 130 morts par an en France, elle tient dans ces pages personnelles à ouvrir le dialogue sur les secours concrets que l’on peut apporter.

Son livre nous fait d’abord prendre conscience de la violence des situations dont elle témoin et contre laquelle elle lutte ; puis tend la main vers l’avenir. Un débat brûlant.

Extraits

« Selon la Banque mondiale, le risque de violence conjugale et de viol est plus fort pour les femmes de 15 à 44 ans que le risque de cancer, d’accidents de la route, de guerre et du paludisme  réunis. »

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« En huit ans en France, les violences conjugales ont causé la mort de plus de 1 100 femmes. En dix-huit ans, entre 2000 et 2018, le terrorisme a tué, sur notre sol, 263 personnes. »

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« Que faîtes-vous de vos morts? », Sophie Calle.

Que faites-vous de vos morts ?, Sophie Calle. Éditions Actes Sud, janvier 2019, 264 pages.

Pendant longtemps, je l’ai cherchée. La mort. Elle rôdait autour de moi. Je l’ai touchée du doigt. Je la voulais. Tellement. Incommensurablement. Je ne pensais plus qu’à ça.

Parfois, je me dis que c’est peut-être pour cette raison qu’aujourd’hui, j’ai un rapport si serein à la mort. Elle fait partie de la vie. Elle lui donne même son sens.

Sans mort, il n’y a pas de vie. Sans vie, il n’y a pas de mort.

Lors d’une exposition, Sophie Calle pose cette question dans son livre d’or: « que faites-vous de vos morts? ». Certaines réponses sont pleines d’humour, d’autres emplies d’une profonde humanité. Quelques-unes transpirent la dépression, ou l’amour de la vie. Mais toutes, toutes, sont, à leurs façons, poétiques et merveilleuses.

J’avais 10 ans quand j’ai perdu mes grands-parents maternels. J’ai enterré ma grand-mère le 9 août 1999… le 11, je fêtais mes 11 ans.

Pendant longtemps, ils m’ont accompagnée. Je leur parlais, le soir, dans mon lit. Michette et Jeantou étaient avec moi. Je regardais les étoiles, toujours celles à ma gauche. Ils étaient là.

La mort de ces deux êtres si chers à mon cœur, à deux mois d’intervalle, est l’un de mes plus grands traumatismes. Ce le sera à vie. Parce qu’on ne peut pas faire, complètement, le deuil de la mort d’un être aimé.

Les premières fois que je suis allée au cimetière, je me suis assise à côté de leur tombe et je leur ai parlé. J’avais commencé le collège et j’avais plein de choses à leur raconter.

Aujourd’hui, je pense à eux chaque jour. Pourtant, j’ai passé plus de la moitié de ma vie sans eux.

 C’est peut-être ça, que je fais, de mes morts. Les garder près de moi, toujours.

Ce livre est une ode à la vie. À la vie et à la mort. Les témoignages, entrecoupés de photos de pierres tombales récoltées lors de voyages, donnent une dimension universelle aux écrits de ces inconnus.

On y retrouve la colère, la joie, les regrets, les pleurs, les fous rire… c’est une palette d’émotions. Riche et colorée.

Ce livre est une pépite.

Et vous, que faites-vous de vos morts ?

Résumé éditeur

Dans son exposition intitulée “Beau doublé, Monsieur le Marquis” au musée de la Chasse et de la Nature en 2017, Sophie Calle, qui continue de nourrir son œuvre des événements de sa vie intime, et qui, en guise d’introduction, y parlait de la mort récente de son père, a invité les visiteurs à s’interroger sur celle de leurs proches par des questions concrètes. Dans votre agenda, vous écrivez “mort” à côté du nom ? Vous raturez ? Vous ne faites rien ? Vous avez une méthode personnelle ? Supprimez-vous le numéro de téléphone du défunt ? Dans ce livre intitulé Que faites-vous de vos morts ?, des photographies prises par l’artiste à travers le monde dans des cimetières accompagnent une sélection de messages laissés par les visiteurs pendant la durée de l’exposition.

Dans votre agenda, vous écrivez “mort” à côté du nom ?
Vous dessinez une croix, une tombe ?
Vous ajoutez la date du décès ?
Vous raturez ?
Vous ne faites rien ?
Vous avez une méthode personnelle ?
Dans un carnet d’adresses électronique, vous effacez le nom ?
Vous l’effacez tout de suite ?
Vous l’effacez quand vous ne pensez plus au mort ?
Quand vous y pensez trop ?
Vous effacez un ami lointain mais vous n’effacez pas votre mère ?
Que ressentez-vous quand vous cochez la case :
Supprimer le contact ?

Extraits

« C’est fou ce que je m’entends bien avec ma mère depuis qu’elle est morte : on ne s’engueule plus. »

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« Le numéro, je le sais par cœur, je ne peux pas l’effacer… »

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« Manuel de survie à l’usage des jeunes filles », Mick Kitson. Prix meilleur roman Points 2020.

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles, Mick Kitson. Éditions Métailié, août 2018, 256 pages.

J’ai acheté ce roman en septembre, à Besançon, lors du salon du livre. J’y pensais, régulièrement, sans l’ouvrir pour autant. Alors, quand il s’est trouvé qu’il faisait partie de la sélection pour le prix du meilleur roman Points 2020, forcément, je l’ai lu ! Et quelle belle surprise !

J’ai été conquise par l’histoire de ces deux gamines en fuite, logeant dans une cabane de fortune en pleine forêt. Sal et Peppa. Deux sœurs.

La force du roman repose, entre autres, selon moi, à l’hermétisme au monde extérieur que l’auteur arrive à créer. Oublié, le monde connecté en permanence, où l’on veut tout et tout de suite. Au milieu de ces bois, il faut attendre encore et toujours. Attendre que le poisson morde, que le lapin se coince, que l’eau chauffe, que la pluie passe, que le vent retombe… Sal l’a préparé pendant de longs mois, leur fuite. Il le fallait. Il fallait qu’elle protège sa petite sœur, Peppa, de leur beau-père. Inexorablement.

Alors, elles partent, un soir, après avoir commis l’inévitable. Sal a tout planifié, tout prévu. Alors, elles se réfugient dans les Highlands. Et elles survivent. Et la vie devient presque belle, tellement poétique.

Sal, celle qui est tellement adulte, pour son âge. Tellement intelligente et entêtée. Et puis, Peppa. Oh ! Peppa ! C’est la joie et la naïveté, mêlées d’une curiosité et d’une insouciance incroyables. Une boule d’énergie et d’humour qui adore courir après les lapins. Peppa, c’est le rayon de soleil au cœur des Highlands.

C’est Sal qui nous conte cette histoire. Sal qui nous raconte comment « la sorcière » a sauvé sa sœur, comment elles se sont apprivoisées, toutes les trois.

 

C’est une histoire de survie, mais avant tout de vie. Un roman sur la quête de soi et notre lien, profond et inné, avec la nature.

C’est l’histoire de Sal et Peppa. Et elle est magnifique.

Résumé éditeur

Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

Sal a préparé leur fuite pendant plus d’un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.

Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l’odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.

Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature. Une vraie réussite.

Extraits

« J’avais expliqué à Peppa que m’man avait une maladie appelée l’alcoolisme c’est-à-dire une addiction à l’alcool qui vous empêche d’être normal et vous oblige à boire tout le temps comme m’man, à vous endormir et à pleurer et à ne pas vous occuper de vos enfants. Ça vous fait aussi accepter l’inacceptable chez les autres et avoir une haute tolérance face à une attitude inappropriée disait un des sites que j’ai consultés là-dessus. Comme avec Robert. Elle le laissait la frapper et lui prendre son argent et nous frapper aussi parce qu’elle avait une maladie qui lui faisait croire que ce n’était pas grave. C’est parce que vous avez des réactions chimiques différentes dans le cerveau qui vous poussent à vouloir et à chercher la chose qui vous rend malade et comme vous ne savez pas que vous avez cette maladie, vous refusez d’admettre que vous êtes malade. »

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« Survivre se résume en grande partie à prévoir, prendre le temps de réfléchir et faire un plan. Le Guide de survie des forces spéciales dit que le facteur le plus important dans la survie à long terme est l’attitude. La façon dont on réfléchit affecte nos chances de réussite. Si on est négatif et si on pense seulement que les choses vont empirer ou qu’on ne peut pas continuer alors on commence à agir dans ce sens. Et plus on pense et agit dans ce sens plus les choses empirent et plus on prend de mauvaises décisions. Et c’est là qu’il faut prendre le temps de réfléchir, faire un plan et entreprendre une action capable d’améliorer la situation. Même une chose minime peut aider. »

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