Maison tanière, Pauline Delabroy-Allard. Éditions L’Iconoclaste. Collection L’Iconopop, avril 2021, 80 pages.

J’ai toujours aimé la poésie. J’en lis peu, trop peu certainement, mais c’est un format que j’affectionne beaucoup. On peut dire tellement de choses dans un poème, faire passer tant d’émotions en quelques lignes.

Pauline Delabroy-Allard, je l’ai découverte en 2018, lors de la sortie de son premier roman, « ça raconte Sarah », pour lequel j’avais eu un immense coup de cœur ! Trois ans plus tard, c’est avec « Maison tanière » que je l’ai retrouvée, pour mon plus grand bonheur. Ce recueil allie subtilement poésie, photographie et musique, pour un résultat plein de douceur.

L’été 2017, l’auteure passe trois semaines seule dans la maison d’un couple d’amis. Chaque jour, elle sort un vinyle de leur collection et l’écoute. Le temps du disque, elle rédige un poème. Enfin, elle prend une photo de la pochette du vinyle. Tantôt en ce mettant en scène, tantôt de façon abstraite. Les poèmes évoquent la musique écoutée puis nous parlent de son quotidien, du manque de son amour, de nostalgie, de petits bonheurs et d’espérance. Pauline Delabroy-Allard nous enveloppe alors dans son cocon, nous ouvre les portes de cette tanière qu’elle fait sienne le temps de quelques semaines. Elle se met à nu et s’expose, montrant ainsi au lecteur que certains sentiments sont universels et vécus par tous à un moment donné de nos vies respectives.

La deuxième partie du recueil est écrite deux ans plus tard, alors que Pauline Delabroy-Allard revient dans son cocon après presque une année à sillonner les routes de France pour parler de son premier roman. Elle a besoin de s’ancrer dans sa nouvelle réalité, besoin d’avoir les pieds sur terre, et même plus que ça. C’est ainsi que tous les matins, elle s’allonge sur un des sols de la maison tanière, photographie le plafond et écrit un poème. Elle a besoin de se recentrer, de retrouver son équilibre. Elle a besoin de repos et de répit. Les poèmes sont tout autant personnels que ceux de la première partie. L’auteure se retrouve, se redécouvre. Elle se fond dans le décor pour à nouveau faire partie des murs (si j’ose dire).

C’est un recueil délicat et intime à savourer façon cocooning.

Résumé éditeur

« On mériterait
des applaudissements
et les cris d’une foule en délire,
tant on fait ça bien,
l’amour. »
Elle se retire seule, loin du monde, dans une maison comme une tanière. Chaque jour, elle
choisit un vinyle, écrit et prend des photos. Elle laisse venir les sentiments et les souvenirs,
elle fait parler les plafonds et les murs. Et cette maison tanière devient la nôtre.

Extraits

« Le ventre vide peut-être
Mais
Les bras grands ouverts
Les yeux remplis
Le coeur plein
Tu fais salle comble dans mon corps. »

•••

« Samedi 29 juillet

never mind the bollocks here’s the Sex Pistols
à peine le disque posé sur la platine
ça hurle sous le diamant
applaudissements
cris d’une foule en délire
dans la maison tanière muette
ça fait un drôle d’effet
le 29/07/2017 à 12h22
ce correspondant a cherché à vous joindre
trois fois sans laisser de message
je ne réponds plus à personne
dans la maison tanière aphone
la solitude la retraite le recueillement
j’essaye de faire ça bien
mais je monte le son
quand je pense à toi
fort très fort encore plus fort
je ne réponds plus de rien quand je pense à toi
nue offerte impudique
qui hurles sous mes doigts
on mériterait
des applaudissements
et les cris d’une foule en délire
tant on fait ça bien
l’amour. »

Retrouvez-moi sur les réseaux
%d blogueurs aiment cette page :