Anatomie d’un mariage, Virginia Reeves. Éditions Stock, juin 2021, 330 pages.

1970. Edmund Malinowski, jeune et brillant psychiatre comportementaliste, vient d’emménager avec son épouse artiste peintre, Laura, dans le Montana afin de prendre la direction de l’institut psychiatrique de Boulder.

Grâce à ce poste, Ed touche enfin du bout du doigt son rêve en tant que psychiatre : diriger sa clinique et prouver que la psychiatrie comportementaliste porte ses fruits et qu’une réinsertion dans la société est possible pour nombre de patients. Et notamment pour Pénélope, cette jeune patiente, brillante intellectuellement parlant, mais souffrant de crises d’épilepsie, pour qui son intérêt va rapidement venir envenimer le quotidien déjà bringuebalant du couple. Alors qu’Ed passe le plus clair de son temps entre les quatre murs de sa clinique, à se battre contre vents et marées pour ses patients auprès de la bureaucratie ; Laura, quant à elle, attend.

Ed, de son côté, est bien trop narcissique et dans le contrôle absolu de son environnement pour se rendre compte qu’entre son temps à la clinique, ses soirées au bar et ses coups d’un soir, il ne reste que peu de place pour sa femme et son bien-être au sein de leur couple. Ainsi, le jour où elle le quitte, c’est tout son monde et l’équilibre précaire qu’il s’était construit qui s’effondrent, l’entraînant dans une chute aussi vertigineuse que décadente qui le mènera jusqu’à sa terrible perte.

Au travers de ce roman, Virginia Reeves dissèque la notion de couple et les liens qui unissent deux époux, même après leur séparation, que l’auteure parvient à brillamment illustrer.

Pouvons-nous réellement cesser toute relation avec la personne qui, un temps durant, à partagé notre vie ? Dans quelles mesures nous sentons-nous responsables, redevables vis-à-vis de cet autre ?

En alternant le point de vue d’Ed avec celui de Laura, l’auteure interroge également la notion d’interprétation et les choix qui en découlent.

À la fois terriblement sombre et plein d’amour, l’auteur livre un roman absolument saisissant et d’une grande finesse sur l’être humain, la passion et les liens qui nous unissent, malgré tout.

C’est un coup de cœur.

Résumé éditeur
Edmund Malinowski, jeune psychiatre comportementaliste, est en passe d’accomplir son rêve. À trente-six ans, il vient de prendre la direction d’un établissement psychiatrique dans les montagnes du Montana. Travaillant d’arrache-pied, il délaisse trop souvent sa femme, Laura. Cette dernière a l’impression d’avoir été dupée : pour la convaincre de s’installer ici, Edmund lui avait promis qu’ils fonderaient une famille. Étaient-ce seulement des belles paroles ? Une chose est sûre, elle n’y croit plus. 
Passionné, charismatique, Edmund, ambitionne avant tout de réformer la psychiatrie, d’obtenir la reconnaissance de ses pairs et de guérir ses patients. Surtout Penelope, une jeune fille épileptique internée de force par ses parents qui, voyant en lui son sauveur, tombe peu à peu sous son charme. Alors que leur relation prend une tournure des plus ambiguë, Laura décide de donner des cours de dessin aux patients de son mari, s’immisçant ainsi dans sa vie professionnelle et le forçant à réévaluer ses choix.
 
À la manière de Richard Yates dans  Les Noces Rebelles, Virginia Reeves livre à ses lecteurs une bouleversante exploration du mariage, du désir et de l’ambition. Dans un décor sublime et chaotique, porté par des personnages qui semblent prêts à exploser à tout moment,  Anatomie d’un mariage  est un roman d’une intelligence sans détour, captivant, auquel on ne peut s’empêcher de revenir.
 
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Carine Chichereau
Extrait

« Le Montana se complait dans la monotonie des mois d’hiver avec différentes nuances de noir et blanc, et en général, le printemps débarque par surprise – une surprise que nul ne voit venir. »

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« Il traverse le couloir qui mène à son bureau. Il a beau ne pas croire aux fantômes, il sent toujours une présence plus ou moins humaine à travers ces corridors, le bruit de ses pas sur le lino ne fait que se mêler au couinement des baskets, au martèlement des sabots, au raclement des chaises qu’on pousse pour les remettre à leur place. »

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« Je t’en prie, supplie le docteur devant sa femme. Je vais changer. Je suis un spécialiste du comportement. Si je parviens à aider les autres à changer, je le peux également. »

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