La décision, Karine Tuil. Éditions Gallimard, janvier 2022, 304 pages.

Des décisions, Alma doit en prendre tous les jours. Dans sa vie professionnelle, tout d’abord, lorsque, en tant que juge d’instruction antiterroriste, elle doit trancher sur le sort d’un jeune homme fraîchement revenu de Syrie. Lui clame son innocence, dit qu’il s’est fait embrigader. Quelle décision prendre ? Alors elle interroge, elle écoute, elle recherche, elle enquête, Alma. Pour prendre sa décision en son âme et conscience. La bonne décision.

Dans sa vie perso aussi. Décider de rester avec son mari qui se réfugie dans le judaïsme orthodoxe, ou engager une procédure de divorce pour vivre le grand amour avec Emmanuel, cet avocat qui défend les terroriste avec passion.

Deux décisions à ne pas prendre à la légère et qui auront d’immenses répercussions à court, comme à long terme, pour Alma et ses proches.

C’est certain, Karine Tuil excelle à fictionnaliser une de nos réalités sociétales les plus brûlantes de ces vingt dernières années. Le sujet est maîtrisé et les difficultés rencontrées dans ces situations sont exposées avec cohérence, mais jamais sans ce manichéisme dans lequel il aurait été si facile de tomber.

Ce roman, c’est le roman de toute une génération. La mienne. Celle qui ne se rappelle plus de la vie sans menace terroriste, sans le FN au second tour, sans cette haine croissante envers l’autre. Nous sommes pourtant toujours l’autre de quelqu’un. Et ça, Karine Tuil l’expose si bien.

Ce roman aurait pu être un coup de cœur incroyable sans les 3 derniers chapitres qui, à mon sens, sont un peu de trop et font tomber le récit dans une prose un tout petit peu trop clichée à mon goût… bien que j’en reconnaisse le côté allégorique.

Ce roman phare de ce début d’année n’en reste pas moins une lecture intense et fort bien menée. Qui percute et interroge. Une lecture qui me restera longtemps en tête tant le propos principal est amené avec intelligence et demi-mesure.

Une réussite. Un régal.

Résumé éditeur
Citations

« Ma décision, je l’ai prise seule, dans l’intimité de ma conscience, j’ai cru en la justice, j’ai voulu croire en l’homme, et la seule réponse à ceux qui vous opposent la mort, c’est la vie – c’est toujours la vie. »

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« Le risque de prendre une mauvaise décision n’est rien comparé à la terreur de l’indécision. »

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